Provenance des moussaillons

Tous mes rats, passés, présents et très probablement futurs, sont adoptés en petite raterie amateur (ou particuliers sérieux ne se revendiquant pas forcément de l’être, mais dont l’approche est similaire à celle d’une petite raterie familiale). C’est un choix. Je n’adopte pas en animalerie et ne souhaite pas le faire ; ce n’est pas un effort particulier, je n’en ai pas envie. Je peux passer devant les cages d’animalerie sans ressentir de tentation particulière. Ce n’est pas que je n’ai pas de coeur, c’est un choix : je préfère planifier mon adoption, j’aime ce moment d’attente, de discussion avec le naisseur, guetter les photos des petits à chaque étape de leur sevrage, échanger avec les autres adoptants, avoir des nouvelles des frères et soeurs… J’y prends plaisir, c’est une aventure humaine à plusieurs.

J’aime savoir que mes ratons ont été aimés et manipulés dès leur prime enfance ; que leur naisseur peut longuement me parler de leurs parents, qu’il connaît sur le bout des doigts et aime du fond du coeur ; qu’ils seront « clefs en main » à leur arrivée, déjà confiants en l’homme  ; qu’avant d’être à la maison, ils savaient déjà ce qu’est une gratouille, un canapé, un aspirateur, une télévision, une purée de légumes maison… bref la vie dans une maison humaine. Que je prévoie ou non de les reproduire (c’est rarement décidé a priori), j’apprécie d’en savoir un peu sur la famille, d’avoir des raisons de penser qu’ils sont issus de portées sérieuses avec des parents bien choisis, qu’ils ont les meilleures chances de leur côté pour la santé et la sociabilité.

Par ailleurs, je ne cautionne pas moralement les conditions d’élevage professionnel industriel, les « rodent farms », les mères qui font portée sur portée dans des boîtes en plastique, qui vivent sans tendresse, et dont personne ne peut me parler. Ce sont peut-être des rats adorables qui vivront 4 ans, mais ce système me déplaît moralement et je ne souhaite pas l’alimenter. C’est un choix et une morale personnels, je n’attends de personne qu’il pense comme moi.

Je ne jette pas la pierre aux autres : chacun adopte où il veut, tant qu’il assume son choix et ne vient pas me faire prendre des vessies pour des lanternes. Je n’ai aucun problème avec quelqu’un qui adopte en animalerie en connaissance de cause, parce qu’il a craqué sur une bouille ou qu’il voulait un rat tout de suite, et qu’il dit « j’ai craqué sur sa bouille et je le voulais tout de suite ». Mais qu’on ne vienne pas me dire « je l’ai sauvé de là » (il sera remplacé par trois autres demain tant que nous alimenterons ce commerce) ou « je n’avais pas le choix » (on l’a toujours : attendre, chercher, se déplacer), ou encore « TOUT LE MONDE a déjà adopté en animalerie au moins une fois » : pas moi.

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