Ma rate est-elle gestante ?

NB. Les courbes utilisées dans cet article ont été mises à jour en 2016 : toutes les courbes actualisées sont disponibles ici.

La question est probablement dans le tiercé des demandes les plus fréquentes sur les forums. Elle se pose dans deux cas : celui, inquiet, du débutant qui vient d’acheter sa rate à l’animalerie et la soupçonne de transporter des passagers clandestins ; celui, impatient, de l’éleveur qui n’en peut plus d’espérer que la portée tant désirée soit en route. On voudrait savoir tout de suite… et on ne peut pas.

Il n’existe évidemment pas de test de gestation simple et accessible : inutile d’essayer de faire faire pipi sur le bâtonnet à votre rate (ce n’est pas la même hormone chez la rate et l’humaine), et les embryons sont si petits qu’ils ne pourront être détectés (par palpation, échographie ou radiographie) que lorsque le ventre de la rate ne laissera plus lui-même beaucoup de doutes. Il faut donc s’armer de patience.

J’ai rassemblé ici quelques éléments permettant de tromper l’attente, de guetter les bons signes et d’avoir quelques repères temporels sur ce qu’il est raisonnable d’espérer. Par commodité de rédaction, je supposerai pour l’essentiel qu’il s’agit d’une portée voulue ou d’un « kinder » en flagrant délit, c’est-à-dire que la date de saillie est connue. Si elle ne l’est pas, on pourra utiliser l’article « à l’envers », c’est-à-dire essayer de dater la gestation en fonction du moment d’apparition des différents signes.

Les signes de gestation

La gestation peut s’accompagner de différents signes, qui ne sont ni systématiques (toutes les rates gestantes ne les présentent pas), ni spécifiques (des rates non gestantes peuvent présenter certains de ces signes) :

  • La présence d’un bouchon de sperme coagulé (dont le nom exact est coagulum) à l’entrée du vagin après la saillie (après quelques heures, ou le matin suivant par exemple). Elle confirme que le mâle a envoyé la sauce au bon endroit, mais pas que les petits soldats sont arrivés jusqu’à la petite graine (oui, c’est un site tous publics ici !). Il n’est pas toujours présent ou observable.
  • L’absence de chaleurs reste le premier signe au début, mais il s’agit d’un signe dit « à valeur prédictive négative » : cette expression médicale barbare signifie si les chaleurs de la rate reviennent, vous pouvez être certain qu’elle n’est pas gestante, mais que l’inverse n’est pas toujours vrai. L’absence de chaleurs peut être due aussi bien à une gestation qu’à autre chose (une pseudogestation, le stress, des effets de groupe, une maladie…).
  • La prise de poids est très modérée au début (la prise de poids moyenne à J10 est de 30 grammes, mais certaines rates ne prennent aucun poids jusqu’à J14). Elle peut aussi bien être due à une gestation, qu’à une pseudogestation, à la croissance (d’autant plus que la rate a été saillie jeune), ou à l’alimentation (même si vous pensez la nourrir comme avant, il est possible que vous la gâtiez un peu plus inconsciemment, ou qu’elle ait davantage d’appétit). Elle ne devient significative que lorsqu’elle excède 50 ou 60 grammes, et dans la dernière semaine. La gestation devient alors très probable et va s’accompagner d’autres signes bien visibles.
  • Une augmentation du volume de l’abdomen, plutôt sous forme de bouées latérales dans la deuxième semaine (en raison de l’anatomie de l’utérus, en forme de Y) puis vers l’avant lors des derniers jours de la gestation. Certains propriétaires rapportent l’impression que le ventre est plus dur, plus dense même s’il n’est pas visuellement plus développé ; ce signe est difficile à expliquer précisément à quelqu’un qui n’a jamais eu le ventre d’une femelle gestante en main, le reconnaître s’acquiert surtout par l’expérience. Une augmentation trop rapide du volume abdominal, avec une rate qui « prend du bide » dès la première semaine, semble plutôt mauvais signe. Le ventre dans ce cas semble bombé plutôt vers l’avant, « mou », voire gras.
  • Des changements de comportement : rate plus calme ou au contraire plus active, plus susceptible voire mordeuse, fabrication d’un nid. On aime souvent y lire des raisons de se réjouir, mais ce signe n’est pas plus spécifique ou systématique que les autres, et même plutôt moins. N’oubliez pas que vous êtes particulièrement attentif à votre rate, et donc davantage susceptible de remarquer des sautes d’humeur qui en fait, se produisent peut-être tout le temps sans que vous le remarquiez d’habitude !
  • Une perte de poils (alopécie) autour des mamelons, qui les rendent plus visibles les tous derniers jours de la gestation. Ce signe indique plutôt l’imminence de la mise-bas que la gestation elle-même.

L’accumulation de plusieurs indices donne autant de raisons d’espérer, mais le plus souvent, la gestation ne sera certaine que deux semaines après la saillie (une semaine avant la mise-bas). Voyons plus précisément pourquoi.

Courbe de poids et gestation

Le suivi de la courbe de poids peut permettre de tromper l’attente, de se rassurer en se comparant à des courbes typiques, et éventuellement de détecter un problème nécessitant une consultation vétérinaire. Cela peut donc être une bonne idée de peser chaque jour sa rate et dessiner cette courbe (si cela ne stresse pas la rate à mort, dans ce cas, mieux vaut lui foutre la paix !). Pour autant, il ne faut pas trop s’y fier : il y a des pièges ! Ne serait-ce que parce que la rate ne s’arrête pas de grandir pendant ce temps-là, parce que les pesées ne sont pas d’une grande précision, parce que les rates ne sont pas des machines, et enfin, nous le verrons un peu plus bas, parce que la physiologie de la rate joue contre nous.

C’est ici que je dégaine des courbes que vous avez déjà dû croiser ailleurs, les fameuses courbes normalisées de prise de poids de gestation diffusées via les Ratouphiles Associés l’année dernière. Pour rappel, il s’agit de courbes réalisées à partir des données de poids de 131 rates ayant donné naissance à des petits au terme de leur gestation. Il s’agit bien de prise de poids et non de poids absolu, le poids de référence étant déterminé par une pesée le jour de la saillie, et la prise de poids par simple soustraction entre la pesée du jour et cette pesée de référence.poidsgestation1

La courbe noire la plus épaisse représente la valeur moyenne de prise de poids en fonction du jour (J0 est le moment de la saillie, les jours en abscisse correspondent donc au nombre de jours révolus de gestation : à J1 la rate est gestante depuis un jour entier, à J7 depuis une semaine entière, etc.). Les autres courbes sont ce qu’on appelle en mathématiques des quantiles ou percentiles : ils repèrent des pourcentages de rates gestantes ayant pris moins de poids ou plus de poids que leur valeur. Les courbes continues de part et d’autre de la moyenne sont les premiers et derniers quartiles (25e et 75e percentile), séparant les rates en deux groupes représentant un quart et trois-quarts d’entre elles. Les courbes pointillées en tirets sont les premiers et derniers déciles, réalisant la même opération pour 10% et 90% des rates. Autrement dit, une rate dont la prise de poids la situe sous la courbe pointillée la plus basse (premier décile) a pris moins de poids que 90% des rates gestantes se trouvant au même stade de gestation qu’elle. Si elle se trouve au-dessus de la courbe continue la plus haute (dernier quartile), elle a pris plus de poids que 75% des rates gestantes (et fait partie des 25% de gestantes ayant pris le plus de poids). Enfin, les courbes en petits pointillés sont les prises de poids minimum et maximum observées parmi les 131 rates étudiées. Ainsi, 50% des rates gestantes se trouvent dans la zone gris foncé, 30% dans la zone gris clair, et au total 80% (4 rates gestantes sur 5) dans l’un des deux zones grisées.

Notez l’allure générale de la courbe moyenne : prise de poids modérée dans les deux premières semaines environ (moins de 5 grammes par jour) puis nette accélération dans la dernière semaine (jusqu’à 10 grammes par jour et même plus). Cette forme est « assez » typique, dans le sens où c’est une tendance générale souvent observée et qu’un certain nombre de rates présentent une courbe ayant à peu près la même allure. Mais ce sont que des moyennes. Les quantiles sont justement là pour visualiser la répartition des prises de poids parmi toutes les rates observées : et on voit qu’elles se répartissent sur de grandes plages de valeur ! A vrai dire, si on regarde les courbes de chacune des 131 rates une par une (ce que je ne vous infligerai pas ici), à peu près toutes les situations exotiques existent, de la petite différence individuelle à la courbe complètement anarchique.

Parmi les petites variations individuelles, il n’est pas rare, dans les deux premières semaines, d’observer une stagnation ou une petite perte de poids d’un jour au suivant, ou parfois un petit « plateau » (le poids est stable pendant 2 ou 3 jours) vers le milieu de la gestation, sans que cela soit une raison de s’inquiéter ou de conclure que la saillie est un échec. Idem pour une petite perte de poids ponctuelle, ou un changement de quartile qui est toujours possible. Voici deux exemples de courbes réelles, superposées aux courbes moyennes :poidsgestation2

Ces deux courbes correspondent à deux gestations et mises-bas normales, ayant abouti à la naissance d’une portée en bonne santé. Pourtant, la première montre que la prise de poids peut tout-à-fait ne pas être aussi lisse et régulièrement croissante qu’une courbe moyenne, et inclure de petites baisses ponctuelles ; et la seconde, que la courbe ne va pas forcément rester tout du long dans un quantile donné : elle peut tout-à-fait « changer de zone » (ici, elle passe dans quatre zones différentes !), ce n’est pas anormal.

Courbe de poids et pseudogestation

Il faut cependant garder cependant à l’esprit qu’une courbe sagement dans les normes ne confirme pas la gestation, surtout au début. C’est d’abord un moyen de faire passer plus vite le temps de l’attente en s’occupant, et d’habituer votre rate à être pesée (ce que je trouve personnellement important pour suivre la fin de la gestation et s’assurer que tout va bien, une franche perte de poids au cours de la dernière semaine pouvant être un signal d’alerte).

En effet, la prise de poids dans les premiers jours après la saillie n’est pas assez discriminante entre une rate gestante et une rate qui ne l’est pas. A titre d’exemple, voici deux courbes réelles, relevées respectivement sur une rate effectivement gestante (ayant donné naissance à 7 petits), à droite, et sur une rate qui s’est avérée être pseudogestante (retour des chaleurs à J16), à gauche. Elles sont superposées aux courbes statistiques précédentes pour évaluer leur « normalité ».

Vous pouvez observer que le début des deux courbes est très similaire : seule l’accélération de la prise de poids la dernière semaine pour l’une, la stagnation après J10 et le retour des chaleurs pour l’autre permet réellement de les distinguer.poidsgestation3

Que se passe-t-il chez la rate de gauche ? C’est ici que nous allons plonger dans la physiologie de la rate. Après l’ovulation, les follicules ovariens qui viennent de libérer les ovules se transforment en corps jaune, qui secrète de la progestérone, une hormone qui maintient l’appareil génital de la rate dans un état compatible avec la gestation (en particulier, elle supprime toute contraction utérine). L’équation est simple :

  • Le cycle de la rate ne dure en moyenne que 4 jours.
  • La nidation (implantation des embryons dans l’utérus) n’a lieu qu’au 5e ou 6e jour de gestation.
  • Le corps doit donc anticiper ! Il doit empêcher le retour des chaleurs, sans quoi aucune gestation ne serait possible !

Donc, en attendant que les embryons implantés et leurs placentas soient en mesure d’envoyer les signaux hormonaux pour signaler leur présence, le corps en général et le corps jaune en particulier se mettent donc d’emblée « en mode gestation », au cas où, et ce à partir du moment où un coït a eu lieu. Qu’il y ait eu fécondation ou pas (on reproduit très bien ce phénomène en laboratoire avec des mâles stériles). Il n’y a donc plus de chaleurs, et une importante secrétion de progestérone (pouvant aussi contribuer à une prise de poids, même sans ratons).

Après le dixième jour (la moyenne est de 12 jours et la durée le plus souvent comprise entre 10 et 14 jours), si des embryons sont implantés, la gestation va se poursuivre ; sinon, le corps jaune dégénère et un nouveau cycle va pouvoir démarrer par de nouvelles chaleurs [McCracken et al., 1999]. C’est ce qu’on appelle une pseudogestation, ou familièrement (et improprement) une « grossesse nerveuse ». La rate n’est pas en gestation, mais son corps se comporte exactement comme si c’était le cas. Le retour de chaleurs ne signale pas un avortement ou une « fausse couche » (il n’y a jamais eu de bébés) mais simplement le retour à la normale.

Il n’y a donc quasiment aucun moyen de distinguer par sa courbe de poids une rate gestante d’une rate pseudogestante avant le dixième jour au moins : leur corps est presque exactement dans le même état. Il faudra souvent attendre jusqu’à 14 ou 15 jours pour acquérir une certitude par ce moyen. Certains éleveurs relatent que les rates pseudogestantes prennent parfois beaucoup de poids, « trop » de poids dans les premiers jours, et que les vraies gestations sont au contraire plus fréquentes lorsque la rate n’a pris que très peu ou pas du tout de poids la première semaine. Cette impression n’est à ma connaissance pas confirmée par des preuves tangibles. Enfin, la pseudogestation n’est pas systématique après une saillie non fécondante : parfois, les chaleurs reviendront normalement au bout de 4 ou 5 jours, et vous serez plus rapidement fixé.

Palpation et examens complémentaires

L’impatience étant parfois difficile à combler pendant ces deux longues semaines, il pourrait vous venir à l’idée de compléter les informations de poids par des examens vétérinaires. Bien que ceux-ci puissent en effet apporter des indices complémentaires, ils ne sont malheureusement pas une solution raisonnable, en raison de leur manque de sensibilité, des risques qu’ils peuvent comporter pour la rate, et des moments auxquels ils peuvent être pratiqués. Ils sont à réserver aux cas où l’on s’inquiète pour la santé de la rate (pertes vaginales, perte de poids très brutale). Si tout semble bien se passer, patienter reste la meilleure chose à faire.

Entre J2 et J10, le seul examen pouvant donner des résultats est le frottis vaginal : à l’aide d’une petite brosse (écouvillon), on prélève des sécrétions dans le vagin de la rate pour les observer au microscope. La présence de spermatozoïdes confirme l’éjaculation (sans confirmer pour autant la fécondation), tandis que la présence de sang indique une gestation… ou un avortement spontané. La pratique d’un tel frottis implique de déplacer la rate chez le vétérinaire, ce qui n’est pas une excellente idée en début de gestation (les embryons n’étant pas implantés avant le cinquième jour). Cette méthode est donc peu pertinente en dehors du laboratoire.

La palpation abdominale peut donner de bons indices, à condition de savoir bien la pratiquer. Chez un manipulateur très averti, des renflements des cornes utérines sont palpables dès J8, mais la palpation ne sera plus évidente que vers J15, avec une sensation de « collier de perles ». Après J15, les petits sont collés les uns aux autres et il devient difficile de les différencier, on ne palpera qu’un cordon ferme. A J17 ou J18, la tête commence à être bien différenciable du reste du corps et peut à nouveau être perçue à la palpation, mais à ce moment là, la courbe de poids et un abdomen visiblement bombé devraient déjà vous avoir informé de la situation. Bien entendu, la palpation n’est pas sans risque : si elle est trop brutale, elle peut causer une douleur (d’ailleurs, toutes les rates ne se laissent pas faire : gare à vos doigts), voire un avortement. Aussi, à moins que vous ne puissiez apprendre correctement ce geste auprès d’un éleveur expérimenté ou d’un vétérinaire habitué aux rats, mieux vaut vous abstenir, surtout s’il n’y a pas de nécessité médicale et que c’est seulement pour assouvir votre curiosité.

L’échographie peut permettre de visualiser le collier de perles de l’utérus à partir de J15, mais il nécessite le déplacement de la rate et une bonne expérience du vétérinaire. La radiographie ne permet de voir les foetus qu’une fois qu’ils sont ossifiés (le squelette a commencé à fixer le calcium et à devenir plus solide), ce qui ne se produit qu’entre J15 et J17. Outre le déplacement chez le vétérinaire, elle peut être difficile à pratiquer sans anesthésie si la rate ne se tient pas calme (l’anesthésie est relativement contre-indiquée pendant la gestation). Par ailleurs, il s’agit d’une photographie instantanée de l’abdomen, et ne permet donc pas de dire si les coeurs battent et si les foetus sont vivants. On réserve en général ces examens aux cas de dépassement de terme, ou aux cas où l’on craint pour la vie de la rate et qu’on suspecte la nécessité d’intervenir chirurgicalement.

Alors, quand est-ce qu’on sait ?

Au vu de ces éléments, mieux vaut considérer que la gestation est possible mais pas certaine avant J15. Gestation possible signifie qu’il faut tenir compte de cet éventuel état dans toute décision pouvant nuire à la mère et aux foetus (notamment la prescription éventuelle de médicaments), pas certaine implique qu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué (et en particulier, ne pas se précipiter pour renvoyer à son foyer le rat qui s’est déplacé, en cas de portée externe !)

Pour vérifier l’absence de chaleurs, on peut présenter le couple quelques minutes tous les jours après la première saillie, typiquement à l’heure où la rate est habituellement en chaleurs. Ne présentez pas d’autre mâle : cela peut déclencher un avortement spontané en début de gestation (effet de Bruce). Ce risque n’existe pas avec le père de la portée. Evidemment, en cas de kinder, mieux vaut éviter cette méthode (qui est le meilleur moyen de finir par avoir un kinder même s’il n’y en avait pas un au départ !).

Les chaleurs en cours de gestation (avec risque de superfoetation, c’est à dire du démarrage d’une deuxième gestation juste décalée de quelques jours) sont ultra-rarissimes, il est vraiment très improbable que vous les rencontriez. Le retour des chaleurs signe donc immanquablement un échec.

Tout considéré, la gestation pourra être confirmée sans trop de risques de se tromper, à condition que la rate n’ait pas été en chaleurs :

  • Dès J8 par la palpation des cornes utérines si vous avez appris à la pratiquer (à éviter si vous ne savez pas);
  • Au cours de la deuxième semaine (entre J7 et J14) si la prise de poids dépasse 50 ou 60 grammes ;
  • A partir de 10 jours, si la prise de poids s’accélère (la prise de poids journalière, et non seulement la prise de poids totale, augmente) ;
  • A partir de 15 jours, avec une prise de poids régulière et significative (au moins 40 grammes) et des bouées bien visibles (et palpables).

Le dernier cas étant le plus fréquent, la certitude de gestation ne sera le plus souvent sans ambiguïté qu’à partir de J14 ou J15. Les jours suivants devraient alors la confirmer par les signes les plus tardifs : alopécie et développement des mamelles, ventre de plus en plus proéminent, construction du nid (qui peut être observée jusqu’à 7 ou 8 jours avant la mise-bas, mais parfois seulement quelques heures avant, voire carrément après la naissance).

Le cas du kinder surprise

Si vous vous posez la question, mais que vous ne connaissez pas la date de saillie, c’est probablement que votre rate a déjà un ventre assez proéminent pour vous avoir mis la puce à l’oreille. Donc, si vous m’avez suivie, c’est qu’elle doit être au moins à 14 jours de gestation (ce qui signifie qu’il est un peu tard pour un avortement par injection, dont la sûreté n’est démontrée que jusqu’à J11, mais qu’il est encore temps de penser à une ovario-hystérectomie). Si la stérilisation chirurgicale n’est pas une option que vous retenez, surveillez tout de même quotidiennement son poids : il pourrait être un bon indice pour prédire le terme ou, rétroactivement, deviner la date de saillie [Paronis, 2014]. Sans aller jusqu’à appliquer des formules mathématiques, qui de toute manière n’ont été établies que sur un groupe homogène de rates de souche, la forme de la courbe peut vous aider à faire un pronostic. Il ne vous restera plus qu’à guetter les derniers signes d’imminence de la mise-bas (ventre qui « tombe » des côtés vers l’avant et le bas, perte des poils autour des mamelons) pour savoir quand placer la rate en cage de maternité.

Répondeur automatique

Pour toutes raisons, données et explications, après des années à en voir de toutes les couleurs, à pronostiquer à côté de la plaque, à espérer et désespérer, j’attends désormais le 15e jour avant de me réjouir (ou déprimer, on peut aussi avoir d’heureuses surprises, Dido en fut la preuve) et de renvoyer le reproducteur externe au bercail. Et si vous me demandez mon avis sur la courbe de poids de votre rate, je vous répondrai immanquablement la même chose.

Ah, au fait, pendant qu’on y est et pour conclure : non, on ne peut pas non plus prédire le nombre de ratons à partir de la seule prise de poids. Et de toute manière, la réponse, on la connaît déjà : il n’y a jamais assez de ratons 😉

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