Mais au fait, ça vit combien de temps, un rat ? (épisode 2)

Previously on Vigies Pirates… en 2014, j’ai publié un article sur l’espérance de vie des rats domestiques, avec une série de chiffres tirés du LORD, assortis de quelques réflexions personnelles. En voici une actualisation à partir des données plus récentes, et quelques compléments d’analyse sur cette brûlante question.

Statistiques globales

Histoire de retrouver nos petits, voici les courbes et statistiques équivalentes à celles présentées dans l’article précédent. La méthodologie est rigoureusement identique, la seule différence est la prise en compte des données collectées au LORD entre juin 2014 et avril 2016. Il y a désormais 14.732 rats dont les données sont cohérentes et exploitables  (3000 de plus qu’en 2014). Pour une meilleure lisibilité, je n’ai pas représenté les valeurs correspondant aux rats déclarés morts à plus de 48 mois (mais ils sont pris en compte dans les calculs).

La distribution des âges au décès est sensiblement similaire (avec apparemment un petit recul de la mortalité infantile, sans doute pas significatif).histlifespan2016Tous paramètres confondus, comme précédemment :

  • Le pic de décès est enregistré entre 24 et 25 mois.
  • L’espérance de vie moyenne est de 637 jours (20,9 mois).
  • La médiane est de 684 jours (22,4 mois).
  • L’écart-type est de 9,5 mois. La moitié des rats décèdent entre 464 jours et 837 jours c’est-à-dire entre 15,2 mois et 27,4 mois (intervalle interquartile).
  • Le maximum enregistré est de 70,5 mois (le record précédent a été annulé : faute de frappe, le héros était enregistré comme mort en 2023…). On reparlera ci-dessous de longévité maximale, des valeurs record, et des critères pour les « homologuer » !

La courbe de survie évolue en conséquences – et aussi parce que j’avais fait une petite erreur d’affichage dans la première version (les piquets, les intervalles, tout ça, il y avait un décalage de 15 jours) ; les valeurs sont désormais bien alignées. Pas de gros changements cependant : un tiers des rats arrivent à 25,5 mois, et 1% dépassent les 40 moissurvie2016Au passage, j’ai identifié environ 200 fiches clairement aberrantes (rat mort avant d’être né, né en l’an de grâce 12, 213 ou 1014…) et pu en corriger quelques dizaines. On pourra noter que c’est finalement assez peu pour une base de données entièrement collectée « à la main » (grâce à l’oeil de lynx de Cajou, que l’on ne manquera pas de remercier au passage). Mais il ne s’agit que de celles que j’ai pu identifier comme aberrantes grâce à des tests automatiques simples : il peut rester des erreurs moins facilement détectables. Par ailleurs, la date de naissance des rats d’animalerie est toujours « estimée » par son propriétaire et donc sujette à erreurs elle aussi (et ça représente un paquet de monde !).

Ce qui veut dire qu’1% des rats, c’est dans les marges d’erreur…

La Mort se contrefout de l’égalité des sexes

Une faille importante des premières statistiques présentées est de n’avoir pas séparé les femelles des mâles pour les calculs. Il se trouve que c’est un « facteur de confusion » très connu en biostatistiques : si les femelles et les mâles ne meurent pas au même âge (c’est le cas dans un grand nombre d’espèces), il se peut que l’on tire des conclusions erronées de chiffres n’ayant pas pris en compte cette différence. Il peut même se produire alors une chose très désagréable, appelée le paradoxe de Simpsonoù la comparaison entre deux populations s’inverse selon qu’on l’étudie sexe par sexe ou tous sexes confondus. (Pour le dire clairement, si vous comparez la longévité d’une portée A et une portée B, il se peut que la portée A ait vécu en moyenne plus longtemps que la portée B, mais que les femelles de la portée A aient vécu moins longtemps que les femelles de la portée B et que les mâles de la portée A aient vécu moins longtemps que les mâles de la portée B. Juste parce que le sex ratio des portées A et B sont très différents. Désagréable, je vous dis.)

Donc, pour affiner tout ça, j’ai séparé les mâles des femelles (la non-mixité est à la mode, en plus).survieFMCertes, la différence n’est pas énorme (1 à 3 points d’écart suivant les âges), mais elle est toujours dans le même sens : les femelles survivent un peu plus que les mâles. De manière chiffrée, sur les indicateurs précédents :

  • La durée de vie moyenne est de 628 jours (20,6 mois) pour les mâles, 645 jours (21,1 mois) pour les femelles.
  • La médiane est à 674 (22,1 mois) pour les mâles, 694 (22,7 mois) pour les femelles.
  • En revanche, parmi les valeurs record (plus de 48 mois), ce sont apparemment les mâles qui atteignent les âges les plus canoniques.

Autrement dit les femelles vivent en moyenne 2 à 3 semaines de plus que les mâles, sauf chez les « centenaires ». Il faut avouer que ce n’est pas énorme, mais ça valait le coup de le vérifier !

Mortalité infantile

Les chiffres précédents incluent tous les rats enregistrés comme décédés, y compris les morts-nés et les morts dans les premiers jours de vie. Il y a au moins deux bonnes raisons de calculer des espérances de vie excluant ces décès précoces :

  • Ils sont loin d’être systématiquement enregistrés par les éleveurs, ce qui peut introduire de nouveaux facteurs de confusion (en particulier lorsque l’on fera des comparaisons par origine : les rateries peuvent enregistrer leurs morts néonatales, ça ne risque pas d’arriver pour les animaleries !)
  • Ce qui intéresse d’abord les propriétaires de rats, je pense, c’est la durée de vie qu’ils peuvent espérer pour leurs rats, ceux qu’ils ont adoptés. Or, s’ils les ont adoptés, c’est que lesdits rats ont déjà passé le cap de la mortalité infantile ! C’est un risque de décès qu’ils ne courent plus. Dans un calcul d’espérance (au sens mathématique du terme), il est donc logique d’exclure cette partie des données.

La courbe ci-dessous est donc un taux de survie « corrigé » en supprimant toutes les mortalités infantiles du calcul. Pour des raisons purement pratiques, j’ai fixé la limite de la mortalité infantile à 1 mois de vie. La courbe démarre donc à un mois, avec un taux de survie de 100% puisqu’on ne considère justement que les rats qui étaient vivants à 1 mois.survieMNLorsque l’on se base sur ces chiffres corrigés, les valeurs sont revues légèrement à la hausse :

  • Moyenne : 657 jours (21,5 mois), médiane : 695 jours (22,8 mois) tous sexes confondus ;
  • Moyenne : 665 (21,8 mois), médiane : 702 (23 mois) chez les femelles ;
  • Moyenne : 650 (21,3 mois), médiane : 686 (22,5 mois) chez les mâles.

Je pense que ce sont les plus utiles pour chacun, qu’il s’agisse de savoir ce qu’il faut espérer pour ses rats, ou de comparer le résultat de ses portées à la moyenne. Pour cette comparaison, il peut être difficile de se fier aux courbes (utiles à la visualisation, mais pas très pratiques pour des comparaisons plus précises) ; pour cela, l’ensemble des valeurs (taux de survie et espérance de vie moyenne, par sexe et au total) seront bientôt consultables dans un tableau séparé que je mettrai en lien ici. Attention : il s’agit de l’espérance de vie des rats d’un mois. Si Minagrobis a déjà deux ans, ce ne sont pas ceux-là qui vont directement vous dire combien de temps vous pouvez espérer le garder avec vous !

Passé deux ans, c’est du bonus

Même si j’ai un peu caché la machinerie mathématique qui permet de produire ces chiffres et la théorie sur laquelle elle s’appuie, le simple bon sens permet de sentir la faille : si Minagrobis vient de fêter sa deuxième bougie avec vous, savoir que l’espérance de vie moyenne de tous les rats à la naissance est d’environ 21 mois vous fait une belle jambe, puisqu’il est évident qu’il ne mourra pas à 21 mois. L’espérance de vie est en principe une quantité qui dépend de l’âge : c’est « le temps qui reste » à ceux que l’on sait vivants. Quand on dit « espérance de vie » tout court, on parle d’espérance de vie à la naissance. Quand j’exclus la mortalité infantile, j’introduis déjà cette notion : on calcule le temps qui reste aux rats d’un mois à partir des rats qui ont atteint l’âge d’un mois. Aussi, quand je dis que la durée de vie moyenne des rats ayant atteint un mois est de 21,5 mois, je dis en fait qu’il leur reste, à eux, en moyenne 20,5 mois à vivre.

Il y a donc quelque chose de contre-intuitif sur le taux de survie : le fait que 38% des rats décèdent avant 25 mois ne veut pas du tout dire que Minagrobis, qui a déjà 24 mois, n’a qu’une chance sur 3 de survivre pendant le mois suivant ! Pour prendre un exemple chiffré à partir des effectifs absolus, parmi nos 14.732 rats, 6198 étaient encore en vie à 24 mois, et parmi ces 6198, 830 sont morts avant 25 mois. Donc parmi les 6189, 5368 ont vécu au moins un mois de plus. Converti en probabilités, cela veut dire qu’un rat de 24 mois a en fait 86,6% de chances d’arriver à 25 mois !

Les ratouphiles ont l’habitude de dire « passé deux ans, c’est du bonus », et cet adage s’est vu confirmé par les chiffres moyens ; mais on pourrait aussi bien dire « arrivé à deux ans, on a passé le plus dur » ! Un rat de deux ans a déjà réussi à ne pas mourir de tout ce qui a tué ses congénères plus tôt – ceux qui font baisser la moyenne.

Aussi, si l’on veut jouer proprement aux Madame Irma, il faut calculer l’espérance de vie à chaque âge, à partir des rats de la base du LORD qui étaient encore en vie à cet âge. C’est ce qui est fait dans le graphique ci-dessous : pour chaque âge, en abscisse, j’ai calculé l’espérance de vie totale (à gauche) et l’espérance de vie restante (à droite) et l’ai reportée en ordonnée.esperance2016On retrouve, à l’âge zéro, notre espérance moyenne de 20,9 mois (tant totale que restante, puisque les rats sont nouveaux-nés). Mais parmi les rats de 20 mois, qui pourraient croire leur temps compté vu la moyenne, en réalité l’affreuse perspective de mourir dans le mois qui suit s’est bien éloignée : ils atteindront en moyenne 27 mois (courbe de gauche), autrement dit, il leur reste en moyenne encore 7 mois à vivre (courbe de droite). Attention, il s’agit bien de moyennes : certains d’entre eux mourront à 21 mois, d’autres à 30.

Si l’espérance de vie n’évoluait pas dans le temps, la courbe de gauche serait une ligne horizontale bloquée à 20,9 mois, et la courbe de gauche une droite de pente décroissante exactement égale à « un mois par mois » : ce n’est absolument pas ce qui se passe. On note même une remontée assez surprenante en fin de courbe. Pour cela, deux hypothèses :

  •  Passé 32 ou 33 mois, Minagrobis entre dans la catégorie des guerriers increvables. Autrement dit, les individus qui arrivent à cet âge seraient déjà des individus exceptionnellement résistants, dont l’espérance de vie ne suivrait plus les mêmes lois que le rat lambda ;
  • On arrive dans la zone où les données sont moins nombreuses et plus sensibles aux erreurs et aux mensonges. On verra en fin d’articles que bien peu de records sont crédibles, et quitte à mentir, autant le faire dans le sens de longévités exceptionnelles pour se faire mousser.

Dans tous les cas, bien sûr, si on allait au-delà de 40 mois, l’espérance restante finirait par décroître de nouveau, et s’amenuiser pour arriver à 0 vers 48 mois (mais les données n’étaient pas en nombre suffisant pour que cette partie de la courbe soit fiable).

Et notre fameux bonus de deux ans, du coup ? Les rats de 2 ans ont, en moyenne, 5 mois devant eux. Un sacré beau bonus ! Bon, ça, c’était pour les bonnes nouvelles. C’est maintenant qu’on va attaquer les comparaisons qui fâchent.

L’espérance de vie, c’était mieux avant ?

Tous les vieux cons aigris vous le diront : c’était mieux avant, tout va de mal en pis, l’espérance de vie est en chute libre et bientôt les rats mourront avant d’être nés. Certes, les chiffres que nous venons de voir ne sont pas enthousiasmants, mais ils ne possèdent aucune temporalité : il s’agit du traitement de tous les rats enregistrés au LORD, sur une période de plus de 20 ans. Or, ce qu’il y a de chouette avec le LORD, entre autres, c’est que les rats y ont une année de naissance. On peut donc les ranger dans des groupes par année de naissance, pour voir si ceux d’il y a 20 ans vivaient vraiment plus longtemps que ceux de maintenant.

En première approche, on peut calculer à nouveau la durée de vie moyenne, dans chacun de ces groupes. Il y a cependant deux problèmes qu’il faut garder en tête avant toute interprétation :

  • Dans les premières années, il n’y a vraiment pas beaucoup de rats : la moyenne risque d’être fortement faussée par la fluctuation d’échantillonnage. Pour cette raison j’ai aussi noté l’effectif de chaque groupe (nombre de rats nés chaque année) : en-dessous d’une valeur raisonnable (typiquement quelques centaines), on ne peut pas vraiment tirer de conclusions.
  • Dans les années les plus récentes, il y a beaucoup de rats qui ne sont « pas encore morts », et de fait, ceux qui sont morts n’ont pu que mourir jeunes. Les rats nés en 2015 ne peuvent pas avoir deux ans. La moyenne est donc largement tirée vers le bas.

Si l’on met de côté ces objections, on peut ranger dans un tableau, par année de naissance, le nombre de rats « disponibles » dans la base du LORD, et leur durée de vie moyenne.
\begin{tabular}{|l|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|} \hline  Naissance & 1993 & 1994 & 1995 & 1996 & 1997 & 1998 & 1999 & 2000 & 2001 & 2002 & 2003 & 2004 & 2005 & 2006 & 2007 & 2008 & 2009 & 2010 & 2011 & 2012 & 2013 & 2014 & 2015 \\ \hline  Effectif & 2 & 4 & 1 & 6 & 1 & 12 & 21 & 41 & 76 & 159 & 332 & 539 & 990 & 1106 & 1237 & 1406 & 1558 & 1723 & 1584 & 1500 & 1396 & 484 & 87 \\ \hline  Long\'evit\'e & 37,5 & 28,1 & 34,5 & 23,5 & 22,2 & 37,5 & 35,3 & 30,9 & 26,0 & 24,8 & 24,2 & 24,5 & 23,0 & 21,6 & 22,6 & 23,3 & 22,0 & 21,2& 21,5 & 21,0 & 19,5 & 13,2 & 4,6\\\hline  \end{tabular}

Les plus anciens rats du LORD sont nés en 1993, mais jusqu’en 2001, leur effectif tombe sous la centaine : pas assez pour faire des statistiques ayant du sens. Si par ailleurs on se fie aux taux de survie globaux pour se concentrer sur des groupes nés il y a assez longtemps pour que 99% d’entre eux soient morts, il faut se placer au moins 40 mois avant la date d’aujourd’hui. Cela nous fait exclure les rats nés en 2015 (qui ne peuvent pas être morts à plus de 16 mois), en 2014 (28 mois) et en 2013 (40 mois, j’ai bien fait de les faire en avril, ces stats !). Nous allons donc nous concentrer sur les rats nés entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2012. Zoomons un peu sur notre tableau trop petit :

\displaystyle \begin{tabular}{|l|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|c|} \hline  Naissance & 2002 & 2003 & 2004 & 2005 & 2006 & 2007 & 2008 & 2009 & 2010 & 2011 & 2012 \\ \hline  Effectif & 159 & 332 & 539 & 990 & 1106 & 1237 & 1406 & 1558 & 1723 & 1584 & 1500 \\ \hline  Long\'evit\'e & 24,8 & 24,2 & 24,5 & 23,0 & 21,6 & 22,6 & 23,3 & 22,0 & 21,2& 21,5 & 21,0 \\\hline  \end{tabular}

Voilà qui donne bel et bien l’impression d’une baisse globale, à l’exception d’un inexplicable trou d’air en 2006. Si vous avez fait un peu de statistiques dans votre vie, vous objecterez certainement qu’on ne peut pas affirmer que cette baisse est significative sans avoir calculé des mesures de confiance, ou examiné plus avant la distribution de ces valeurs. Je suis bien d’accord avec vous, donc j’ai calculé les intervalles de confiance à 95% sur ces valeurs, avec une hypothèse de distribution gaussienne qui est relativement bien vérifiée grâce à l’exclusion de la mortalité infantile (un de ces jours, j’expliquerai ce que ce charabia veut dire dans la rubrique rathématiques, promis). Ils sont de l’ordre de +/- 16 à 21 jours suivant les années (soit 0,7 mois). Pour dire les choses simplement, cela signifie qu’il y a une « marge d’erreur » de 16 à 21 jours sur ces chiffres. En prenant les hypothèses les plus pessimistes :

  • si l’on s’est trompé sur l’année 2002 en la surestimant, la vraie valeur serait au pire de 24,1 mois ;
  • si l’on s’est trompé sur l’année 2012 en la sous-estimant, la vraie valeur serait au mieux de 21,7 mois ;
  • l’ordre entre les valeurs est respecté (la moyenne de 2002 était plus élevée que la moyenne de 2012, la moyenne « basse » de 2002 reste plus élevée que la moyenne « haute » de 2012), ce qui peut grossièrement être interprété comme le fait que cette mesure soit « statistiquement significative » (il existe d’autres indicateurs, c’est ici vulgarisé, mais vous voyez l’idée) ;
  • sous ces hypothèses (encore une fois, les plus pessimistes), l’espérance de vie des rats aurait « quand même » diminué de 2,4 mois.

Si l’on s’en tient aux moyennes, on peut donc estimer que la durée de vie moyenne des rats domestiques, observée sur le LORD, a diminué de 3,8 mois en 10 ans, entre 2002 et 2012. Presque 4 mois, ce qui n’est pas rien pour un animal qui ne passe qu’exceptionnellement les 40 mois : 10% de sa vie, soit à peu près 8 ans de vie pour vous !

Peut-on expliquer cette baisse ? Rien ne me le permet aujourd’hui. On ne peut que formuler des hypothèses, qui sont purement spéculatives : un biais d’observation dû à la démocratisation de l’usage du LORD, des mesures d’âge plus précises et moins fondées sur les estimations des vendeurs d’animalerie ou sur de vagues souvenirs, une baisse des connaissances générales due au bouleversement des lieux de transmission depuis les forums vers les réseaux sociaux, une baisse des budgets consacrés aux soins, des modes délétères comme le tout-vinaigre pour le nettoyage, de mauvaises méthodes de reproduction et de sélection… on peut tout imaginer, et cela serait sujet à débat. La série de résultats qui suit donne au moins un angle de vue sur la question.

L’animalerie ? N’y pense pas malheureux, va dans une raterie !

Nous entrons ici dans la partie la plus polémique de cet article. J’ai mis longtemps à accoucher de ces chiffres et à décider de les publier. Mes premières intuitions et mes premiers calculs de coin de table étaient assez déprimants, et je n’avais pas forcément envie de montrer des chiffres au potentiel subversif voire de jeter un gros pavé dans la mare. Une espérance de vie potentiellement moindre est un argument fréquemment invoqué pour décourager nos pairs à adopter leur rat dans une animalerie, mais jusqu’ici, rien ne permettait d’affirmer la véracité de cet épouvantail. La conclusion n’est pas forcément très agréable à entendre et mérite d’être amenée avec les nuances qui s’imposent.

Pour étudier l’espérance de vie des rats en fonction de leurs origines, j’ai d’abord décidé de grouper les rats en fonction de leurs affixes, selon le découpage suivant :

  • Groupe 0 : rats exclus car en trop petit nombre ou trop hétérogènes (ETR, LAB, SVG)
  • Groupe 1 : animalerie, professionnels, grossistes (INC, AC., AR., FDO, FT., RB.)
  • Groupe 2 : indépendants (IND)
  • Groupe 3 : rateries possédant un affixe (autre que les précédents, donc)

Les rats portant l’affixe ETR sont exclus car ils peuvent aussi bien provenir d’une animalerie que d’une raterie, les rats de laboratoire et les rats sauvages car ils appartiennent à une sous-population trop différente de nos rats domestiques (et ne sont pas assez nombreux pour être étudiés dans un groupe seul). Seuls les rats des groupes 1, 2 et 3 sont donc pris en compte dans la suite, pour un total de 14.217 rats.

J’ai commencé par calculer les durées de vie moyenne dans chaque groupe, sur l’ensemble des 14.217 rats disponibles, toutes périodes confondues et tous âges de décès confondus (dont la mortalité infantile) :

\displaystyle \begin{tabular}{|l|c|c|c|} \hline  Groupe & 1 (animalerie) & 2 (ind\'ependants) & 3 (rateries) \\ \hline \hline  Effectif  & 4482  & 2395 & 7340 \\ \hline  Dur\'ee de vie moyenne & 652 jours & 659 jours & 611  jours \\\hline  \end{tabular}

Vous comprenez ma bouffée d’angoisse en voyant le premier calcul de longévité : les rateries lanternes rouges avec 611 jours de moyenne, 41 jours sous la moyenne des rats d’animalerie ! L’histoire ne s’arrête cependant pas là. En effet, il y a au moins une faille dans ce calcul : la non exclusion de la mortalité infantile. Pour des raisons évidentes, les rats d’animalerie morts avant 4 semaines (et a fortiori les morts-nés) ne sont pour ainsi dire jamais enregistrés au LORD, tandis que les indépendants et les rateries, elles, ont l’opportunité de le faire. Or, la mortalité infantile biaise la moyenne vers le bas, ce qui est artificiellement en faveur des animaleries. J’ai donc refait le calcul en ne gardant que les rats ayant survécu au moins un mois.

\displaystyle \begin{tabular}{|l|c|c|c|} \hline  Groupe & 1 (animalerie) & 2 (ind\'ependants) & 3 (rateries) \\ \hline \hline  Mortalit\'e infantile  & 26 (0,6\%) & 49 (2,1\%)  &  372 (5,1\%)  \\ \hline  Dur\'ee de vie moyenne & 656 jours & 672 jours & 648 jours  \\\hline  \end{tabular}

On constate comme supposé une mortalité infantile beaucoup plus élevée chez les rateries. Deux raisons pourraient expliquer cette différence : soit il y a plus de mortalité infantile chez les rateries, soit les rateries enregistrent davantage leurs morts infantiles. Il me semble raisonnable de privilégier la seconde hypothèse. Avec cette correction, l’écart se réduit. Les rateries restent le plus mauvais des trois groupes en longévité moyenne, mais l’écart est faible : 8 jours de différence, c’est sans doute du même ordre que l’erreur commise sur l’âge des rats d’animalerie. Il n’empêche : avec ces chiffres, rien ne permet d’affirmer, comme on le fait trop souvent, que les rats d’animalerie vivent moins longtemps que les autres.

Insatisfaite par ce résultat, j’ai fait quelque chose qui normalement ne se fait pas – faute avouée à demi-pardonnée, j’espère : j’ai changé de protocole après avoir commencé à traiter les données. C’est que, comme chacun sait, toutes les rateries ne se valent pas. Il y aurait les « bonnes » et les « mauvaises »… selon des critères personnels, fluctuants et hautement subjectifs. Comment différencier des catégories de rateries ? Il me fallait un critère disponible, dont la détermination soit facile et objective. J’ai donc choisi de créer deux sous-groupes supplémentaires sur le seul critère qui m’a semblé répondre au cahier des charges : le fait que la raterie ait été, ou pas, au moins à un moment, signataire de la charte des éleveurs et/ou adhérent du groupe « ratouphiles associés ». Pas parce que les signataires seraient forcément des « bonnes rateries » et les non-signataires seraient les « mauvaises » (je ne le pense vraiment pas), mais parce que je considère que les signataires de la charte sont entrés volontairement dans une démarche active de réflexion à propos de la reproduction et de leurs propres pratiques, et je trouve intéressant de voir si cette démarche se traduit dans les faits.

Nous voici avec 4 groupes, que j’ai rebaptisés pour que le reste des chiffres soient plus clairs :

  • Groupe INC : le groupe 1 précédent, soit les rats d’animalerie, de grossistes ou de professionnels ;
  • Groupe IND : le groupe 2 précédent, soit les particuliers / indépendants « sans affixe » ;
  • Groupe NRA : rateries possédant un affixe et n’ayant jamais signé la charte des éleveurs ou adhéré aux ratouphiles associés ;
  • Groupe ERA : rateries possédant un affixe et ayant signé la charte ou adhéré aux ratouphiles associés (36 rateries).

Les deux derniers groupes (NRA et ERA) correspondent au groupe 3 précédent si on les réunit.

Par ailleurs, puisque nous avons identifié un biais dû à l’année de naissance, et vu que ce nouveau critère de groupement n’est pertinent qu’à partir du moment où les rateries signataires de la charte existent, je me suis limitée à traiter les données des rats nés à partir de l’année 2006, date à laquelle les (futurs) signataires de la charte commencent à avoir une activité de reproduction significative. Pour affiner un peu, j’ai également calculé la médiane, et l’intervalle de confiance à 95% sur la moyenne (« marge d’erreur »).

\displaystyle \begin{tabular}{|l|c|c|c|c|} \hline  Groupe & INC & IND & NRA & ERA \\ \hline \hline  Effectif  & 3488  & 2070 & 5245 & 963 \\ \hline  Moyenne & 636 jours & 654 jours & 626 jours & 713 jours\\\hline  M\'ediane & 671 jours & 690 jours & 673 jours & 735 jours\\\hline  IC95 & 7 jours &  7 jours & 7 jours & 15 jours\\\hline  \end{tabular}

Et voilà qui change pas mal de choses : presque 90 jours d’écart (3 mois de vie !) entre les rateries « tout venant » (parmi lesquelles se cachent certainement de bonnes rateries, mais peut-être pas assez pour inverser la vapeur des rateries-minutes) d’un côté et les Ratouphiles Associés passés ou actuels de l’autre. Et des chiffres absolument comparables entre l’animalerie et la raterie lambda. Pour préciser encore les choses, on peut même visualiser cette différence tout au long de la vie (les effectifs deviennent un peu chiches, mais ça passe) grâce aux taux de survie par groupe.survieAFF

A tous les âges de la vie, sauf éventuellement « après 50 mois » (on va en reparler tout de suite), les rats d’animalerie et de rateries non signataires de la charte sont dans un mouchoir de poche. Entre 1 et 15 mois et entre 28 et 40 mois, les rats de raterie sont même ceux qui survivent le moins. Les rats de particuliers indépendants s’en tirent un poil mieux. Les rats « de ratouphiles associés » font la course en tête, avec jusqu’à 10% d’avance en taux de survie.

Je ne montre pas ces chiffres pour pousser un cocorico (en plus, je ne fais même plus partie des Ratouphiles Associés). Je le fais pour inciter chacun à méditer les conseils qu’il donne aux débutants. Quand on terrorise les clients d’animaleries avec de sombres prédictions de mort précoce, on les pousse dans les bras de rateries où, peut-être, ils trouveront pire. Tous ne sont pas équipés pour reconnaître une bonne raterie d’une mauvaise, et les meilleures rateries n’ont pas de ratons pour tout le monde (il n’y a jamais assez de ratons). Leur promettre un rat qui vivra plus longtemps s’ils évitent l’animalerie est intellectuellement malhonnête. Il y a plein d’excellentes raisons de ne pas adopter en animalerie, mais l’espérance de vie n’en fait malheureusement pas partie.

Avant de terminer cet article par des notes plus joyeuses, je voudrais conclure cette première partie par trois remarques :

  • Les dates de naissance des rats d’animalerie sont estimées « au plus juste » par leur propriétaire. Nous savons tous d’expérience que les vendeurs d’animalerie ont tendance à surestimer l’âge des animaux qu’ils vendent plutôt qu’à le sous-estimer : que celui qui n’a jamais vu sur un forum la photo d’un rat à peine sevré physiologiquement et vendu comme « ayant 2 mois » lève la main. Les chiffres sur les rats d’animalerie sont donc probablement un peu surestimés à cause de cela.
  • Comme nous allons le voir tout de suite, l’extrême majorité des rats enregistrés comme ayant atteint des âges canoniques (plus de 48 mois) sont des rats appartenant aux groupes INC et NRA. Ces valeurs sujettes à caution sont assez peu nombreuses pour avoir un fort impact, mais sont assez extrêmes pour augmenter très légèrement la moyenne et pousser les taux de survie d’un petit pourcent vers le haut. Autrement dit, j’ai tendance à penser que les valeurs données ici pour les groupes INC sont un peu optimistes. Compte-tenu des marges d’erreur, je pense qu’il faut essentiellement retenir qu’en termes de mortalité, les rats d’animalerie et les rats nés dans une raterie quelconque sont équivalents.
  • Les chiffres n’expliquent pas pourquoi les rats du groupe ERA ont tellement d’avance sur tous les autres, ils ne font que constater que c’est le cas. Plusieurs facteurs (non mutuellement exclusifs) pourraient l’expliquer : des rats effectivement plus robustes, une meilleure méthode de reproduction ou de sélection, mais aussi de meilleures connaissances sur l’alimentation ou la maintenance, et à mon avis, une sélection plus drastique des adoptants. Le même rat a sans doute plus de chances de vivre plus longtemps s’il est adopté par quelqu’un qui a été trié sur le volet, qui s’est lui-même volontairement tourné vers des rateries « de bonne réputation », dont la maintenance a été vérifiée et validée par une raterie exigeante.

Ces chiffres sont un focus sur une partie des choses, mais il ne faudrait pas croire que l’origine des rats fait tout. On s’est intéressé ici à la question des origines mais on n’a pas du tout prouvé que l’origine était déterminante : elle a un impact, rien ne dit qu’elle soit une destinée. Le premier facteur de durée de vie de votre animal, c’est vous. Vous pouvez l’adopter dans la meilleure raterie du monde, si vous le nourrissez de croûtes de pizza et le laissez vivre seul dans le noir et la crasse, je ne donne pas cher de sa peau. Même si vous trouverez toujours quelqu’un qui vous dira avoir fait ça avec tous ses rats qui ont vécu 5 ans. Ou 6. Ou 7. Pourquoi se priver finalement.

Le Livre Guinness des Origines Records du Rat Domestique du Monde

C’est qu’il y en a, des gens qui prétendent avoir eu des rats de 5 ou 6 ans, et en plus, ils se vexent quand on leur dit que ce n’est pas possible. Pour conclure cette série, nous allons aborder le dernier point, déjà laissé en suspens lors du premier article : la longévité, qui est rappelons-le, est la durée de vie maximale potentielle, dans des conditions idéales, liée à des limitations fondamentales de l’espèce. Pour en approcher la valeur, il est habituel de se tourner vers les doyens, les détenteurs des records, les papys mathusalem. Alors, qui sont les Jeanne Calment du rat ? Et surtout, à quel âge sont-ils morts ?

Problème : en la matière, les sources ne sont pas d’accord les unes avec les autres : quatre ans, cinq ans, sept ans, difficile de s’y retrouver quand les déclarations d’âge record ne sont souvent fondées que sur des souvenirs, hautement fragiles (mais si, rappelle-toi, Gégé il est mort le jour où Mémé a cassé son dentier !), sur des rumeurs de seconde main (ma cousine Micheline a eu un rat…), voire de bêtes erreurs de calcul. Je connais plein de « rats de 5 ans » qui en fait, sont nés en décembre 2010 et morts en janvier 2014 : ben oui, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, ça fait 5 ans ! C’est un peu court pour affirmer quelque chose.

Beaucoup de sources anglophones mentionnent l’existence d’une entrée dans l’édition en anglais de 1995 du Livre Guinness des Records à propos d’un rat « de laboratoire », prénommé Rodney, qui aurait vécu 7 ans et 4 mois. Cette ligne est effectivement consultable sur la version numérisée de ce livre dans Google Books et donne même les dates de naissance et de mort de Rodney : Janvier 1983 – 25 Mai 1990, dans une version scannée de mauvaise qualité. En réalité, on le retrouve au moins dans l’édition 1992, plus lisible, où l’on apprend qu’il appartenait à un certain Rodney Mitchell, vivant à Tulsa dans l’Oklahoma. Il apparaît également dans l’édition 1998. Que penser de ce record ? On ignore comment il a été homologué, et le livre Guinness n’a apparemment pas repris cette entrée dans les éditions récentes. Le site internet du livre des records, qui contient des pages pour les plus vieux chat, chien, perroquet, hamster ou encore lapin, reste muet sur le rat. Par ailleurs, dans les éditions anciennes, aucun jour de naissance n’est indiqué : les éditions 1992 et 1995 que j’ai consultées notent « vers janvier 1983 ». On voit mal comment un record de longévité aurait pu être sérieusement établi sans un document prouvant la date de naissance. Cette donnée doit donc être prise avec prudence.

Des sources ultérieures à ces éditions donnent des valeurs record pourtant moins élevées : 4 ans et 3 mois pour [Doumerc, 2004], 4 ans et 8 mois pour [Powers et Brown, 2012]. Aucun détail n’est donné sur la manière dont ce record a été établi ni sur le ou les rats qui en seraient les détenteurs.

À nouveau, je me suis donc tournée vers le LORD.

J’ai commencé par regarder, fiche par fiche, tous les rats déclarés comme morts à plus de 48 mois. Il y en avait 44. Après correction des erreurs manifestes (rats nés en 2013, date de décès incohérente entre la fiche et le champ de commentaires, entre la fiche et le site de l’éleveur, erreur de date de naissance chez des rats nés des années avant leurs propres frères et sœurs ou leurs parents…), il n’en restait déjà plus que 37. Parmi ces 37 :

  • 19, plus de la moitié, appartenaient à une seule et même personne. Tous étaient issus d’animalerie, d’indépendants dont le prénom n’était pas précisé, ou portaient l’affixe de cette personne. L’affixe et la raterie n’existent pas en dehors du LORD. Soit il faut retrouver d’urgence cette personne pour lui demander sa recette magique, soit elle avait un petit problème avec les dates. En réalité, il ne s’agit pas d’une inconnue : on la trouve citée dans les archives des coulisses d’SRFA, pour signaler qu’il s’agissait d’une menteuse et maltraitante notoire chez les anciens. D’ailleurs, parmi les 19, il y avait la doyenne, et sa photo a été piquée sur le site d’une raterie tchèque (retrouvée grâce à google image), manifestement sans aucun rapport avec les informations déclarées dans la fiche. Donc bon…
  • 12 sont des rats INC ou IND dont la date de naissance est incertaine. Une part non négligeable d’entre eux appartenaient à des personnes connues comme le loup blanc pour leurs méfaits, les autres par d’illustres inconnus que je n’ai pu trouver sur aucun forum.
  • 6 sont des rats nés et morts à l’étranger, entrés par une tierce personne (ni l’éleveur, ni le propriétaire) à des fins généalogiques, dont 5 venaient de la même raterie.

Autant pour les rats de plus de 4 ans : s’il est possible qu’un petit nombre de ces 37 rats ait effectivement atteint cet âge, aucun élément tangible ne permet de le prouver.

J’ai donc continué la liste, rat par rat, rangée par ordre décroissant d’âge au décès, jusqu’à trouver un record sérieux, que je puisse homologuer avec un degré raisonnable de certitude.

J’ai passé une longue soirée.

Mois par mois, j’ai égrené les affixes de mythomanes et les fautes de frappe, alternant mon fichier Matlab avec des recherches google minutieuses pour trouver une photo, une trace, une preuve de vie. Jusqu’à 44 mois, rien d’assez sérieux pour être retenu – certains sont peut-être vrais, je ne dis pas, mais pas assez prouvé pour être officiellement homologué. J’ai bien trouvé un bonhomme très crédible puisque je l’ai vu de mes yeux plusieurs fois (et il avait vraiment l’air très vieux !), mais son affixe INC l’a disqualifié.

Et puis, je l’ai trouvé. Notre record, officiellement homologué par un jury composé de moi-même sur des critères arbitraires et dictatoriaux, un rat dont la date de naissance et la date de décès peuvent être recoupées par d’autres sources que le LORD, pour lequel on a un post de naissance sur SRFA le jour même, un post de suivi sur SRFA, des photos et des nouvelles à plusieurs âges (même si beaucoup de photos ne sont plus en ligne), enregistré avec tous ses frères et sœurs, avec une généalogie, avec des photos des parents encore en ligne sur les sites des naisseuses. Alleluia.

J’ai donc le plaisir, pour finir ce long article, de vous présenter notre recordwoman, matricule ABC1779F, alias ABC Dump :Dump est décédée (de vieillesse !) au bel âge de 3 ans, 7 mois et 6 jours. Ça fait rêver !

3 ans, 7 mois et 6 jours, ça fait 1316 jours, soit à peu près le double de la moyenne : ce n’est pas déconnant, pour un record de longévité. Le LORD n’est pas le monde entier : je peux imaginer que des rats atteignent parfois quatre ans et même un peu plus. De rat de 6 ans, je n’ai pas trouvé trace, même dans les mensonges les plus éhontés. Si certains d’entre vous se sentent lésés par cette affirmation et veulent prétendre au titre, ma boîte mail est grande ouverte pour recevoir votre « dossier » ! En attendant, je continuerai de penser que la longévité, c’est-à-dire la durée de vie maximale d’un rat, se situe entre 4 ans et 4 ans et demi. 

Et ce serait déjà pas mal.

 

 

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