Code d’honneur

 

Mis à jour le 19 mars 2016.

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Oula, c’est sérieux ici, y a pas d’images.

Qui dit « raterie » dit essentiellement deux choses : un projet, et des principes. Le projet recouvre le but visé et le plan à mettre en œuvre pour l’atteindre. Les principes sont une collection de limites que l’on se pose à soi-même : ce que j’exige des rats qui reproduisent chez moi, des fiancées que je leur choisis et des principes de leurs propriétaires ; ce que je m’interdis ; ce à quoi je m’engage. Bien que n’étant pas une « raterie » au sens strict, je considère qu’à partir du moment où j’ai une activité de reproduction même irrégulière, je me dois d’être au clair sur toutes ces questions.

Cette rubrique traite de ces aspects. Elle a vécu un certain nombre d’évolutions au fil du temps, des expériences, des réflexions, des lectures et discussions. A l’heure actuelle, je n’ai pas de projet personnel « en propre », mais grâce à un réseau de partenaires et amies solidaires et généreuses, je reste impliquée dans la poursuite de la famille née de « ma » dernière portée fructueuse. La suite de cette page détaille les principes de mes choix en matière de reproduction, et vous informera sur les mâles que je suis susceptible de proposer à la reproduction et sur ce que j’attends des femelles que je suis susceptible d’accepter pour eux.

Projets

Il est en évolution perpétuelle, aussi j’ai décidé de créer une page à part pour mieux séparer les choses, et vous pourrez le consulter en détail ici. Au fil du temps, des échecs, des opportunités et des rencontres, mon objectif initial a subi un certain nombre de péripéties. Ayant une tendance à privilégier la santé, la généalogie, l’ambition et le potentiel des projets, et les affinités avec les humains qui les portent, je me suis souvent éloignée de ma couleur de cœur. Au moment où j’écris ces lignes, mon projet vise à contribuer, par des conseils et des saillies externes, à l’établissement de lignées sélectionnées en santé, caractère, et types tournant autour des mutations connues du chromosome 1 (locus c, r et p), avec un accent particulier sur le RED et ses composés, et sur l’usage des mutations du locus c comme « traceur » du RED.

Mes objectifs généraux en matière de reproduction sont triples :
1. Contribuer à faire naître des ratons en bonne santé : des rats qui atteignent 24 mois sans problème de santé grave.
2. Contribuer à faire naître des ratons de bon caractère : proches de l’homme, actifs et interactifs, intelligents et malicieux, sociables avec les autres rats.
3. Contribuer à faire naître en priorité des ratons noirs, agoutis, beiges et topazes, et collaborer à d’autres projets autour des autres mutations du chromosome 1 (ambre et champagne, siamois, albinos, himalayens et birmans), à petits marquages (uni, irish, berkshire), en cherchant à améliorer leur type.

Méthode

A l’heure actuelle, je poursuis mes objectifs personnels en conseillant des rateries partenaires, et en participant ponctuellement à la mise en oeuvre de leur projet par le biais de reproductions externes (saillies de mes mâles).

Pour soutenir un projet, j’ai besoin qu’il s’appuie sur deux maîtres-mots : information et sélection. L’information, ça veut dire enquêter, collecter, suivre, rendre disponible le maximum d’informations sur la santé et le devenir des familles liées au projet. Les fratries sont suivies horizontalement et verticalement, c’est-à-dire en regardant ascendants et descendants mais aussi les fratries de ces ascendants et descendants. Oncles et tantes sont aussi importants à connaître que grands-parents. Le suivi des cousins permet de juger de la qualité des croisements aux différents étages, et éventuellement de décider de repiquer un nœud plus haut dans le plan.

La sélection, ça veut dire faire des choix, basés sur cette information ; de faire des croisements motivés par l’entrée ou la sortie de certains caractères, en se fondant sur les connaissances génétiques et les informations statistiques. Cela implique de pouvoir faire des choix parmi plusieurs options, donc de mettre en œuvre ces options pour avoir le choix plus tard. Il s’agit d’une démarche de sélection active.

Je suis particulièrement intéressée par les projets axés sur le travail en lignée, incluant un usage raisonné et méthodique de la consanguinité à des taux faibles. J’ai développé à ce sujet un programme de construction de lignée fondée sur un schéma de reproduction cyclique en circuit fermé, qui n’était à l’époque que théorique, mais qui depuis est mis en oeuvre dans d’autres rateries, et sur lequel on peut trouver tous les détails dans ce document complet. Ce programme est parfois difficile à mettre en oeuvre « tel quel », mais je suis intéressée par tout projet s’inspirant des mêmes principes.

Ce schéma présente de nombreux avantages, comme celui de résoudre partiellement le risque de pénurie de reproducteurs, mais reste fragile aux accidents de parcours et vulnérable à de mauvais choix. Je pense que la méthode doit inclure la dissémination vers d’autres projets et la création de « branches de sauvegarde » par des croisements non consanguins de qualité. Je suis donc également susceptible de faire saillir mes mâles pour des portées ponctuelles ou insérées dans d’autres projets que celui dont est directement issu le reproducteur pressenti. Je pense en particulier qu’il est important s’assurer ces points par une plus grande confiance et des droits de reproduction accordés aux adoptants, ce qui peut naturellement assurer des points de sauvegarde, disséminer des porteurs et préserver la diversité. Je suis donc ouverte aux demandes d’adoptions motivées par un désir de reproduction.

En résumé, la méthode que je déploie aujourd’hui se décline sur trois aspects :
1. La participation à des projets collaboratifs d’élevage en lignée, en circuit fermé et à consanguinité minimale, ou s’inspirant des mêmes principes.
2. La contribution à la dissémination et la création de points de sauvegarde pour ces lignées, par des portées externes non consanguines, et par l’octroi de droits de reproduction aux adoptants souhaitant développer leur propre projet dans une autre direction.
3. Dans tous les cas, la participation à des portées impliquant des choix sélectifs, appuyés la collecte et l’analyse des informations disponibles sur les reproducteurs et leurs familles.

Des détails sur les projets dans lesquels je suis susceptibles d’être impliquée dans le futur sont disponibles sur cette page.

Choix du couple

Un point sensible dans la communauté ! Quel âge, combien de générations connues, qu’appelle-t-on une famille en bonne santé… infinie source de polémiques. Encore une fois, pour moi, la clef fondamentale du choix d’un reproducteur est l’information. La famille parfaite n’existe pas (ceux qui prétendent le contraire à propos de la leur sont immédiatement suspects), ce qui est précieux, c’est tout ce qu’on peut savoir. La décision se prend ensuite sur une synthèse des informations disponibles, et toujours au cas par cas. Il y a bien des fourchettes raisonnables, des repères, mais presque toujours autant des cas d’exception. Voici ces repères et des exemples de cas d’exception sur les critères principaux de choix des reproducteurs.

Généalogie

Faut-il encore le rappeler ? Une généalogie n’est pas une liste de noms et de descriptions succintes du physique. Un rat de l’arbre généalogique du reproducteur ne peut être considéré comme connu que si on connaît ses antécédents de santé, la date et la cause de son décès s’il est mort, la date à laquelle on a eu de ses nouvelles pour la dernière fois s’il est présumé en vie. Une fratrie est considérée comme connue si tous les rats de la fratrie sont connus sauf éventuellement un ou deux (des perdus de vue, ça arrive, même quand on sélectionne ses adoptants avec beaucoup de soin).

Ensuite, on va tout simplement compter le nombre de rats connus apparentés au candidat. Evidemment, plus ces rats sont génétiquement proches du candidat et plus l’information est précieuse : oncles et tantes nous en apprennent plus que l’arrière-arrière-grand-père ! En général, je choisirai un reproducteur dont on connaît au moins : les parents et tous leurs oncles et tantes, et au moins deux grands-parents avec leurs frères et soeurs. Si l’un de ces points fait défaut, il peut être compensé par une connaissance plus approfondie de l’autre partie de la généalogie. Quelques exemples :

– Le cas idéal : fratrie, père et sa fratrie, mère et sa fratrie, les quatre grands-parents et leur fratrie sont connus. Cela fait 7 fratries (plus éventuellement les fratries cousines si des rats de ces 7 fratries ont reproduit !). On a largement en main de quoi évaluer le reproducteur et sa famille.

– Un cas sans doute plus fréquent, et acceptable : les grands-parents paternels ne sont pas connus, par exemple parce que le père du rat est issu d’un kinder surprise. On connaît la grand-mère paternelle, mais pas sa fratrie ni ses parents. En revanche, du côté de la mère, on connaît non seulement toute sa fratrie et la fratrie de ses parents, mais aussi 3 fratries cousines nées de ses oncles et tantes, et assez bien (disons, la moitié des rats par exemple) de la génération encore au-dessus, qui sont donc des arrière-grands-parents. Cette information pallie en partie le défaut d’information du côté paternel.

– Un cas franchement limite : père et mère du candidat sont issus d’une portée kinder. On connaît leurs deux fratries, et leurs mères. Si le père est vraiment très âgé au moment où l’on envisage de reproduire son fils, que toute sa fratrie pète le feu à cet âge vénérable, qu’on trouve une femelle vraiment très très bien dotée à mettre en face, que c’est le maillon qui pourrait permettre de faire tenir un plan de plus grande envergure réellement prometteur, ça peut se discuter. C’est un peu juste, mais l’offre n’est pas si vaste qu’on puisse écarter d’emblée ce genre de reproducteurs, au risque de perdre toute une famille, faute de trouver mieux. Il faut aussi savoir prendre quelques risques.

– Un cas où le manque d’information est trop criant : la mère a été adoptée pleine en animalerie. On ne connaît rien de cette branche en dehors de la santé de sa mère. Elle est peut-être super, mais on n’en sait rien. C’est un pari que je ne suis pas prête à faire. On arguera que « les autres ont bien commencé quelque part ». Justement, ils ont commencé quelque part parce qu’ils n’avaient pas trop le choix ; aujourd’hui, nous, nous l’avons, et nous pouvons profiter des risques qu’ils ont pris et capitaliser leur travail au lieu de repartir à zéro. D’autant que choisir un rat dont on ne sait rien, ce n’est pas repartir de zéro ou apporter du sang neuf : il n’y a pas de génération spontanée, ce rat a bien une famille et une histoire ! C’est juste qu’on ne la connaît pas. Ce n’est pas ajouter du sang neuf, c’est ajouter de l’incertitude.

Tout ceci vaut à la seule échelle du couple. J’ai beaucoup évolué sur ce point : ce qui peut valoir à cette échelle n’est pas forcément pertinent à l’échelle de la génétique des populations. Si on pense « cheptel », les choses sont plus compliquées. Je rédigerai bientôt un article de synthèse sur ce point, mais on peut déjà trouver des éléments de réflexion dans le document que je signalais plus tôt. Aussi, dans le cadre d’un projet construit, et prenant acte des contraintes et réalités du cheptel, j’ai tendance à penser désormais que former un couple ne rentrant pas strictement dans les limites définies ci-dessus peut être un choix défendable, pour ne pas dire inévitable, sur le long-terme. Tout dépendant du projet qui l’accompagne.

Santé

Une fois les fratries connues recensées, les informations de santé sont placées en tableau et analysées. C’est la synthèse des différents points (incidence des différents problèmes de santé, longévité moyenne, points à surveiller, forces de la famille) qui fera une bonne partie de la décision finale. Les différents points de santé listés sont les suivants :

  • Longévité moyenne. Elle n’a de sens que sur les fratries où une majorité de rats sont déjà morts ! On exclut du calcul de la moyenne les morts accidentelles : ça n’est pas héréditaire. On garde dans un coin les morts très précoces car elles font drastiquement chuter la moyenne et lui font perdre son sens, mais il ne faut pas les oublier non plus (ça dépend de la cause).
  • Les causes de décès par catégorie et la répartition : les rats sont-ils tous morts de la même chose ? ou d’un peu de tout ?
  • Les tumeurs. On regarde leur nombre, leur localisation, l’âge auquel elles sont apparues, leur évolution avec ou sans chirurgie, l’existence de récidives, leur malignité (si une anapath a été réalisée) et l’existence de métastases, et si elles ont été la cause du décès ou non.
  • Les problèmes respiratoires. On regarde leur nombre, leur gravité (voies supérieures ou basses), leur évolution après traitement (guérison, récidives, chronicité), les circonstances de leur apparition (facteur environnemental).
  • Les qualités maternelles des femelles. Régularité des chaleurs, nombre de petits par portée, fécondité/fertilité (les gestations ont-elles été obtenues du premier coup ?), existence de difficultés à la mise-bas ou à l’allaitement, qualité des soins aux petits.
  • Les abcès. Nombre, localisation, évolution (guérison ou récidive).
  • La santé dentaire. Occurrence d’abcès dentaires, cas de malocclusions.
  • Dominance et territorialité. On regarde combien de mâles ont été castrés et pourquoi (certains mâles ont été castrés sans pour autant être agressifs hormonaux !). On prête aussi attention aux cas d’intégration difficile et aux rats mal à l’aise dans leur position hiérarchique (qu’ils soient dominants cons ou soumis frustrés).

Pour chacun de ses points, l’élément déterminant est l’incidence, c’est-à-dire : combien de rats touchés sur le nombre total de rats connus ? On peut s’interroger si ce taux est élevé sans explication environnementale : à partir de 20-25%, il est raisonnable de se demander s’il n’y a pas là un facteur héréditaire (c’est le taux d’incidence d’une maladie génétique récessive monogénique dans une fratrie dont les deux parents sont porteurs, ce qui fait un repère « à la louche »). Rien n’est automatiquement rédhibitoire mais cela permet de savoir quels points surveiller et quels critères retenir prioritairement chez le reproducteur qu’on va mettre en face pour équilibrer. L’usage de la consanguinité, ou d’un circuit fermé, ou des deux, peut rendre ces informations beaucoup plus valables et exploitables. La pratique d’examens complémentaires et d’autopsies systématiques est aussi un élément-clef de l’utilisation des informations du bilan de santé familial, et il faut les encourager.

Âge et poids

Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d’un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l’essentiel. Elles ne vous disent jamais : « Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu’il apprécie ? Est-ce qu’il collectionne les papillons ? » Elles vous demandent : « Quel âge a-t-il ? Combien a-t-il de frères ? Combien pèse-t-il ? Combien gagne son père ? » Alors seulement elles croient le connaître. Si vous dites aux grandes personnes : « J’ai vu une belle maison en briques roses, avec des géraniums aux fenêtres et des colombes sur le toit… », elles ne parviennent pas à s’imaginer cette maison… Il faut leur dire : « J’ai vu une maison de cent mille francs. » Alors elles s’écrient: « Comme c’est joli ! » (Le Petit Prince, A. de St-Exupéry)

Bon, c’est un tout petit peu malhonnête de sortir cette citation après le paragraphe précédent qui ne parle que d’incidence et de nombres de fratries. Mais j’aime bien cette citation. Et il faut avouer que l’âge des reproducteurs monopolise beaucoup le débat sur la sélection (alors qu’il y a des tas de choses tout aussi importantes), et cristallise profondément les désaccords entre communautés. Alors on a forcément envie d’y aller sur la pointe des pieds.

Les questions à se poser sont : ma femelle peut-elle supporter une portée, une mise-bas, un allaitement ? mon mâle peut-il supporter une saillie ? leur caractère est-il suffisamment stabilisé pour que je puisse affirmer le connaître ? leurs familles sont elles assez âgées pour que les informations de santé que j’ai sur elles aient un sens ? quels risques et quels bénéfices de faire reproduire mon rat à tel moment plutôt qu’avant ou après ?

Suivant les familles, la taille adulte n’est pas toujours atteinte au même âge ni à la même vitesse. L’âge de la crise d’ado est également variable chez les mâles. Attendre permet d’acquérir davantage d’informations, mais peut aussi présenter des risques. Les normes de la communauté ont beaucoup évolué au fil du temps, avec parfois des mouvements de balancier et des effets de réaction. On a d’abord reculé de plus en plus l’âge des mâles et c’était pour de bonnes raisons, mais on a peut-être été un peu loin. On a voulu revenir en arrière mais parfois avec une forme de rébellion qui a conduit à envoyer valser les bonnes raisons pour lesquelles on avait d’abord repoussé cet âge. C’est toujours difficile de fixer des limites en gardant pourtant à l’esprit que les limites ne sont que des repères qui ne doivent pas empêcher de mener une réflexion individuelle à chaque fois. Respecter bêtement la limite est de la paresse intellectuelle ; l’ignorer complètement est une forme de mépris pour l’expérience acquise par nos aînés.

Après ce long mais nécessaire liminaire, voici quelques indications de mes critères d’âge pour le choix des reproducteurs :

  • Âge minimum des femelles. J’ai beaucoup évolué sur ce point. J’avais retenu dans un premier temps une fourchette idéale de 6 à 8 mois, et des critères de développement imposant à la femelle d’être relativement âgée (croissance tassée, morphologie d’adulte en cours d’acquisition au niveau des hanches et des épaules). Après de nombreuses lectures, et le constat que les femelles jeunes ont manifestement beaucoup moins de problèmes de mise-bas que les plus âgées, j’ai revu cette estimation à la baisse. Je pense aujourd’hui que l’âge idéal de saillie pour une première portée est plutôt de 5 ou 6 mois. Bien sûr tout dépend de la vitesse de croissance et du contexte familial : dans certaines familles, les fins de croissance sont très tardives, il faudra savoir s’adapter sans dépasser une limite haute déraisonnable (cf. plus bas).
  • Âge maximum des femelles. Les os du bassin qui se soudent, c’est chez le cochon d’inde. Il n’empêche que la souplesse et le tonus (en particulier des muscles et tissus du petit bassin) sont moins bons passés un certain âge. On ne le connaît pas avec certitude, et cela dépend des lignées. Par précaution, sur la base de ce que j’ai pu observer au fil des années sur les mises-bas ratées (mais sans aucune méthodologie rigoureuse, donc c’est au doigt mouillé), j’ai également revu mes premières limites à la baisse et je pense qu’un maximum de 8-9 mois à la mise-bas est déjà une marge haute, encore une fois à moduler en fonction de la famille. J’ai vu plus d’accidents de mise-bas sur des rates de 12 mois que sur des rates de 5.
  • Âge minimum des mâles. La crise d’ado doit être bien terminée, le caractère stabilisé, la taille adulte atteinte. En plus, les mâles sont reproductibles sur une fenêtre de tir beaucoup plus longue que les femelles et c’est un atout pour acquérir de l’information. Idéalement, lors de sa reproduction, on doit avoir une bonne idée de la santé et de la longévité du père du reproducteur, ce qui veut dire qu’il doit être assez âgé. On attendra si on espère gagner une précieuse information sur la généalogie du père en quelques mois (la période cruciale pour une fratrie étant l’arrivée au cap des 2 ans). Pour cette raison, en régime stationnaire, reproduire les mâles après 12 mois permet d’avoir un grand-père d’au moins 2 ans au moment de la saillie de son fils,  donc déjà une information généalogique précieuse ! Si l’on synthétise toutes ces considérations, je trouve qu’un bon âge minimum de reproduction des mâles est autour de 15 mois. Suivant les circonstances et les contraintes, il est envisageable de descendre dans la fourchette 12-15 mois si c’est justifié. Je ne pense pas qu’il soit prudent de descendre sous les 12 mois dans le cas d’un mâle non consanguin. Compte-tenu des retours d’informations apportés par une généalogie consanguine, je ne vois pas d’inconvénient à reproduire un mâle consanguin de moins de 12 mois dont le caractère est bien stabilisé et ce, d’autant plus que son taux de consanguinité est élevé.
  • Âge maximum des mâles. C’est sans doute la notion la plus récente dans la communauté. Théoriquement, les mâles ne se périment pas et devraient pouvoir être reproduits sans limite. Toutefois, un certain nombre de résultats scientifiques suggèrent que la fertilité baisse, voire, que la qualité des gamètes diminue, avec des risques possibles pour le matériel génétique transmis aux ratons. (J’ai collecté quelques ressources bibliographiques à ce sujet, qui peuvent être consultées dans cet article sur l’âge du père.) Encore une fois, il faut balancer les bénéfices et les risques de l’attente. En tout état de cause, le risque qu’un mâle trop âgé ne s’intéresse pas à la femelle ou ne parvienne pas à la monter est bien réel, et on a perdu de très bonnes familles à cause de ça ; par ailleurs, certains mâles âgés peuvent être très fatigués par une saillie, physiquement éprouvante. D’un autre côté, souhaitons-nous transmettre le patrimoine d’un rat qui est grabataire à deux ans, et qu’une saillie risque « d’achever » ? Encore une fois, par observation et expérience, la synthèse de tout ça me conduit à reproduire mes mâles de préférence avant 21 mois, et au plus tard à 24 mois… sauf s’il est vraiment très en forme, très prometteur, ou que les contraintes de calendrier de l’ensemble du plan de reproduction y conduisent ; mais dans ce cas, il faudra que ce soit réfléchi et argumenté.

Et le poids ? Le poids en soi ne veut pas dire grand chose puisqu’il est considérablement lié à la morphologie. On ne reproduit pas un rat obèse, ni un rat rachitique, et ce quel que soit son poids absolu sur la balance. J’ai des réticences à reproduire une femelle de moins de 250g car je les trouve visuellement trop minus et j’ai peur pour elles, mais ne s’agit-il pas d’anthropomorphisme ? Les toutes petites kinder d’animalerie n’ont presque jamais de problèmes de mise-bas (des problèmes d’allaitement ou de soins aux petits beaucoup plus, par manque de maturité vraisemblablement). Si le suivi familial met en lumière que les femelles de la famille, bien que petites, supportent parfaitement bien une portée avec leurs 250g, c’est assez rassurant pour dire que cette femelle issue de cette famille peut être reproduite ; certes, je préfère de belles grandes femelles d’au moins 300-350g, mais je n’ai pas vraiment de raison de penser que c’est un choix rationnel. Et puis à 250g ça peut aussi vouloir dire que la croissance n’est pas terminée (cf. âge). Bon, vraiment, en dessous de 250g je le trouve petites petites : si elles prennent 100g de bébés c’est quand même +40% de leur poids (+30% sur une femelle de 300g, c’est déjà énorme mais c’est pas pareil). Et l’allaitement, ça pompe.

Quant au poids des mâles… je n’ai jamais eu de mâle de moins de 500g adulte, et très peu en-dessous de 600g. Donc en pratique, ça n’est pas vraiment un problème. J’aime les grands rats, mais c’est seulement une préférence personnelle. Je ne suis pas une bête de la nutrition et mes rats ont souvent une tendance au surpoids, je prends aussi ce facteur en compte lors de l’évaluation du reproducteur.

Nombre de portées

Là encore, mon avis à évolué avec le temps. Avec un âge de reproduction de 8 mois, il était logique de ne pas être favorable à une seconde portée : comme c’est une grosse fatigue pour elles, et que la fenêtre de tir était courte, cela contraignait beaucoup la possibilité de la faire porter deux fois en sécurité. Aujourd’hui, je ne vois aucun inconvénient à faire porter une deuxième fois une femelle qui a eu sa première portée assez jeune et sans souci : non seulement en cas de petite première portée, ou si c’est la seule femelle de sa fratrie, ou si une réelle opportunité de sélection se présente, mais aussi si c’est tout simplement une très bonne reproductrice, qu’elle a parfaitement géré sa première portée et a eu un temps de pause suffisant (un bon mois entre le départ des ratons de la première et la saillie pour le deuxième est un strict minimum, et la rate devra avoir retrouvé son poids de forme avant toute deuxième saillie).

En ce qui concerne les mâles, on peut s’offrir au moins la même souplesse. Dans l’ensemble, je trouve préférable de reproduire deux frères que deux fois le même mâle ; mais on peut imaginer plusieurs raisons pour lesquelles une deuxième portée est indiquée : petite première portée, mauvaises nouvelles arrivées entre temps sur la famille de la « pièce rapportée » qui conduisent à interdire de reproduction cette branche, excellente opportunité de femelle, famille peu répandue dont la pérennité est menacée ou mérite d’être mieux sécurisée… L’existence de deux demi-fratries peut être un atout certain dans une stratégie de sélection. Je considère donc qu’un mâle peut saillir a priori deux fois sans problème, même si en pratique, cela arrivera sans doute rarement : pour avoir une deuxième portée, il faut déjà avoir réussi à en avoir une première !

Phénotype

Il fait aussi partie des critères de sélection, sans être plus ou moins important que les autres : tout est question de synthèse. Je peux faire naître une portée qui ne m’intéresse pas directement physiquement si elle apporte quelque chose au plan global, mais sans doute pas si elle m’éloigne du but général. Outre le RED, les caractères physiques que je recherche sont : un corps bien coloré (marquages uni, irish, berkshire), une tête ronde et large avec des joues bien rondes, des yeux bien ronds et globuleux, des oreilles grandes et larges (qu’elles soient dumbo ou standard). Je les préfère poilus (lisses ou rex) et j’apprécie les portées diversifiées avec plusieurs couleurs, plusieurs types de poil et d’oreilles. Par ailleurs, il faut, à mon avis, cesser de renvoyer dos-à-dos les critères « santé » et les critères « physiques » : ils ne sont pas forcément incompatibles, et certains d’entre eux sont même indissociables. Évaluer la qualité intrinsèque d’un reproducteur en examinant sa mâchoire, son ossature, la ligne de son dos, la largeur de la base de sa queue sont des savoir-faire d’élevage qui concourent à une bonne santé et une bonne sélection, pourtant sur des critères « phénotypiques » qu’on a un peu trop tendance à diaboliser. Bien sûr, il ne s’agit pas de défendre une reproduction qui n’a pour seul but que de « produire » une couleur ou une variété précise, mais il ne faut pas non plus jeter bébé avec l’eau du bain.

Affect

Au départ du début du commencement, il y a toujours l’envie de reproduire un rat parce qu’il est lui et pas un autre : une relation spéciale, une particularité, un attachement. Il n’y a rien sans ça. Un rat quelconque dans sa relation à moi, même s’il a une très bonne famille, une très bonne santé et qu’il est beau comme un dieu, a peu de chances d’être reproduit : ce qui me motive à passer des heures de recherches, à faire des centaines de kilomètres, à trembler pendue au téléphone les deux derniers jours de la gestation, c’est aussi et d’abord faire naître de petits bouts d’un rat que j’adore. La part d’affect est nécessaire et vitale dans le projet de reproduction, et intervient aussi dans le choix d’une reproductrice : évidemment, je vais plus facilement accrocher avec quelqu’un qui peut parler de sa rate pendant des heures avec les étoiles dans les yeux. Il y a besoin du petit plus qui fait dire « banco », on va faire naître des êtres vivants, il faut y mettre du coeur, la vie a besoin de son étincelle.

En résumé :
1. Généalogie : un rat est « connu » si on connaît la date et la cause de son décès (s’il est mort), la date des dernières nouvelles de lui (s’il est en vie). Une fratrie est « connue » si tous les frères et soeurs sont des rats connus, sauf éventuellement un ou deux. Un rat est reproductible si un nombre significatif de fratries proches de lui (fratrie du rat lui-même, des parents, des grands-parents, des cousins germains…) sont connues.
2. Santé : parmi les fratries connues, les résultats sont satisfaisants sur un certain nombre de points de santé, en moyenne (longévité, causes des décès, tumeurs et cancers, santé respiratoire, qualités maternelles, abcès, santé dentaire, dominance et territorialité).
3. Âge et poids : les femelles ont idéalement 5-6 mois (jusqu’à 8-9 possibles, à argumenter), les mâles ont idéalement 15-21 mois (entre 12 et 24+ possibles, à argumenter). Les reproducteurs ne sont ni obèses ni malingres.
4. Phénotype : RED ou porteurs préférés, grand gabarit, petits marquages, diversité favorisée.
5. Affect : ils ont le « petit plus » qui les rend exceptionnels aux yeux de leur humain.

Mes engagements

Ce que je ne ferai jamais

Il y a les oui, les peut-être, les à voir au cas par cas, mais il y a tout de même un socle de choses que je m’interdis et qui ne changera pas.

  • Je suis opposée au culling (mise à mort d’une partie de la portée jugée « pas intéressante »), et ne souhaite pas collaborer avec quelqu’un qui le pratique. C’est une évidence : il me semble inadmissible de faire volontairement naître des petites vies pour ensuite y mettre fin sans raison. Si on ne veut pas de certains phénotypes, on apprend la génétique et on cherche les bons reproducteurs pour ne pas les avoir. Et la taille moyenne des portées est aussi un trait qui peut se sélectionner.
  • Je suis opposée au rehoming (replacement des rats qui ne reproduiront plus). Mes rats sont des animaux de compagnie, j’y suis affectivement attachée, ils font partie de la famille. Beaucoup d’entre eux ne reproduiront pas du tout. Pour les reproducteurs, il est de surcroît essentiel de continuer à suivre leur santé après leur paternité… et c’est de toute manière impensable de m’en séparer.
  • Je n’adopte pas en animalerie, ni chez des éleveurs professionnels. Partant, je ne peux techniquement pas faire reproduire un rat venant d’un tel endroit. Je ne suis plus farouchement opposée à la reproduction de tels rats, mais je préfère de toute manière l’éviter au maximum.

Dans la première mouture de ce texte, je m’engageais également à ne pas faire reproduire un de mes rats avec une femelle adoptée en animalerie ou chez un éleveur professionnel d’animaux de compagnie, en raison du manque d’information sur les antécédents familiaux. Cela reste quelque chose que je souhaite éviter, mais je ne me l’interdis plus totalement aujourd’hui. Tout en considérant que cela reste un manquement à l’éthique, je pense qu’il peut exister des situations où il s’agit d’un choix acceptable (car permettant de faire avancer un projet qui lui, à moyen terme, est globalement dans l’intérêt du rat). Ce ne sera jamais une décision prise à la légère et cela restera de toute manière très exceptionnel.

J’ai rédigé un texte plus complet sur ma vision de l’éthique, que je vous invite à consulter.

Auprès des naisseurs de mes rats
  • J’informe toujours le naisseur d’un rat du projet de le reproduire avant que la saillie ait lieu, et je respecte son avis.
  • Je lui fais remonter les informations de santé des branches continuées chez moi, dans l’intérêt de son propre travail de sélection.
  • Je respecte les interdits de reproduction. S’ils ne me paraissent pas motivés, on en discute, mais le naisseur aura toujours le dernier mot si on ne parvient pas à se mettre d’accord.
  • Ils sont prioritaires (après la maman et moi) pour adopter un raton de la portée.
Auprès des rateries partenaires

Je considère qu’un propriétaire de femelles qui me fait assez confiance pour accepter un de mes mâles en saillie mérite le respect des engagements suivants.

  • La disponibilité complète des informations sur le reproducteur et sa famille, avec un suivi de santé à jour, aussi complet que possible et sans zone d’ombre. Ces informations sont publiques, sur le site des Vigies Pirates.
  • Ma porte ouverte à n’importe quel moment de la « négociation », ainsi que tous les moyens de me contacter à tout moment (téléphone, mail, messagerie instantanée)
  • Le respect d’une quarantaine stricte quinze jours avant l’arrivée de la femelle (si elle vient chez moi) ou le départ du mâle (si c’est lui qui se déplace).
  • L’accueil de la femelle, avec une copine si elle le souhaite, dans une cage confortable (furet+), et des sorties quotidiennes pour la femelle et sa copine.
  • La surveillance des saillies, et le suivi du poids des femelles accueillies.
  • La consultation du vétérinaire sans délai pour toutes les femelles accueillies, si nécessaire.
  • En cas de problème, je participe pour moitié aux frais vétérinaires (césarienne par exemple).
  • Suivant les cas et les besoins, j’accueille les petits mâles à leurs 5 semaines pour sociabilisation avec l’un de mes adultes dans une cage adaptée.
  • Je participe à la recherche des adoptants (annonces sur les forums, etc.), à leur sélection et à la recherche de solutions pour que chaque petit arrive chez lui (covoiturage, …)
  • Je reste disponible sans limite de temps pour le suivi de santé de la famille, en amont (famille du père) comme en aval (ratons et leur descendance).

J’attends évidemment de la raterie partenaire qu’elle partage un nombre substantiel de mes principes !

Auprès des adoptants
  • Comme pour les rateries partenaires, je tiens à disposition publique le suivi de la famille du rat adopté.
  • Je me porte garante pour la raterie de la femelle, et son respect de principes et de méthodes que j’approuve : alimentation de la femelle allaitante et des ratons, manipulation et sociabilisation, séparation des sexes…
  • Je suis disponible, jusqu’au décès du rat, pour répondre à des questions, donner des conseils, ou participer au replacement d’un rat qui devrait malheureusement trouver une autre maison. Je fournis à cet effet des moyens de contacts pérennes (téléphone, mail…)
  • En particulier, je suis disponible pour les éventuels projets de reproduction des ratons adoptés – sur lesquels je souhaite évidemment être consultée au préalable !
Auprès de la communauté des amateurs

Enfin, je m’engage à développer mes connaissances, à participer à leur diffusion vers la communauté ratouphile lorsque je le peux, et à me remettre en question face à toute nouvelle donnée portée à ma connaissance. Je pense qu’il s’agit aussi d’un engagement essentiel envers les rats et la communauté de ceux qui les aiment, quand on se prétend éleveur.

Mes conditions

Adoption

Les conditions d’adoption sont en général posées par la raterie de la femelle : je m’y adapte, je peux éventuellement demander à en rajouter si je trouve qu’il en manque, probablement pas à en enlever. Il s’agit de grands classiques : conditions de vie adaptées à l’espèce, au moins un congénère du même sexe, des visites chez le vétérinaire si nécessaire, des nouvelles régulières pour les événements importants de la vie du rat, un dialogue préalable à tout projet de reproduction d’un raton…

Je ne fais pas remplir de questionnaire (c’est laborieux et les « bonnes réponses » se trouvent facilement) et je vous invite prioritairement à contacter le propriétaire de la femelle pour les demandes d’adoption, sauf mention contraire sur la fiche de portée. Si pour n’importe quelle raison vous préférez d’abord vous adresser à moi, cela reste bien sûr possible, mais je vous demanderai dans ce cas un petit mot de présentation : donnez-moi les informations que vous jugez importantes, ça m’indique aussi… ce que vous trouvez important justement ! Ce qui veut aussi dire que « slt je peu avoir le dumbo abrico » n’est pas une demande d’adoption recevable, et qu’elle ne sera pas relayée au propriétaire de la femelle. S’il me manque des infos, je vous les demande, je peux aussi vous donner un conseil, quelque chose à rectifier pour que l’adoption soit possible. Je réponds aussi à toutes vos questions !

Depuis 2016, je fais signer un certificat de cession et un « contrat d’adoption » pour son aspect symbolique (bien sûr, il ne s’agit que d’un contrat moral, c’est à dire un morceau de papier qui n’engage que ceux qui y croient ; il ne remplace pas la relation de confiance qui s’est tissée par des échanges pré-adoption,). Si la raterie de la maman souhaite un questionnaire et/ou son propre modèle de contrat, je ne m’y oppose pas. Je fournis aux adoptants qui le souhaitent un « carnet d’adoption » complet avec un extrait de généalogie du rat et quelques conseils et informations sur l’espèce.

Liste d’adoption

Sur les portées annoncées, les demandes d’adoption sont à adresser prioritairement au propriétaire de la femelle partenaire de la portée.

Il se peut cependant que vous teniez particulièrement à adopter un raton « issu d’un pirate » alors même qu’aucune portée prévue n’est annoncée. C’est toujours délicat de dire à quelqu’un « on est fermés revenez plus tard » : je sais bien que quand on est très motivé par une adoption on voudrait se mettre le plus tôt possible sur les rangs, même si les portées ne sont pas encore officiellement annoncées et a fortiori ouvertes à la réservation. J’aime aussi l’idée que chacun ait sa chance même s’il ne fait pas partie de mon cercle immédiat d’amis informés en avant-première. Je maintiens donc une  « liste d’attente au fil de l’eau ». Cela signifie que si vous souhaitez adopter un raton d’une portée pirate, vous pouvez prendre contact n’importe quand pour que l’on en discute, et vous faire inscrire sur la liste d’attente. Ensuite, lorsque les choses se précisent au niveau de la portée, je valide les noms de la liste d’attente avec le propriétaire de la femelle, puis le cas échéant, je vous recontacte dans l’ordre de la liste pour savoir si vous êtes toujours intéressé et si vous voulez transformer votre place en réservation de raton. (Si le moment tombe mal ou que la portée n’est pas celle de vos rêves, vous ne perdrez pas votre place).

Portée commune

Pour décider d’une collaboration, j’attends un échange ouvert, franc, honnête, à bâtons rompus. Le dialogue et la confiance sont indispensables, on examine ensemble les plus et les moins, on s’entend sur nos conditions respectives et sur les détails pratiques. J’attends de la raterie qui me propose une femelle, une vision suffisamment proche de la mienne en matière de reproduction, une ouverture au dialogue et une transparence. Le projet doit se construire à deux, en toute franchise. Je ne me vexe jamais quand le débat est constructif. Quand le courant passe et qu’un accord de principe est conclu, on décide ensemble des conditions pratiques de la saillie, dans le respect des engagements que j’ai pris.

La décision d’accorder ou non un raton à un adoptant se prend avec le propriétaire de la femelle, lui comme moi avons « droit de veto ».

Un suivi de portée est ouvert et alimenté sur SRFA et tous les ratons sont inscrits au LORD. Je m’en charge si le propriétaire de la femelle ne souhaite pas le faire.

Limitation des reproducteurs

Enfin, en ce qui concerne la limitation des reproducteurs sur la portée née d’une collaboration, là encore tout est affaire de dialogue et de cas par cas. Ma vision est certainement plus libérale encore qu’autrefois (et pourtant, je n’ai jamais été une maniaque de l’interdit de repro). Dans tous les cas, c’est un point dont on doit discuter à l’avance, tant avec le naisseur qu’avec les adoptants.

Je pense qu’une limitation des reproducteurs trop stricte n’a pas de sens. Avoir un seul raton reproductible sur une portée n’est pas logique : soit la portée est bonne et elle mérite d’être poursuivie en ménageant plusieurs options et points de sauvegarde pour la suite ; soit elle est mauvaise et elle n’aurait pas dû être faite. (Ceci n’est pas vrai pour des portées très spéciales, telles que des portées très consanguines « bootstrap » visant à fixer une nouvelle mutation, ce qui est tout de même un cas rarissime !).

Je crois de moins en moins aux arguments avancés pour limiter plus ou moins drastiquement les autorisations de reproduction. La difficulté de faire le suivi de sa famille n’est pas à mon avis un bon argument : le suivi est le travail de l’éleveur, priver de bons adoptants avec un bon projet d’un droit de reproduction, juste pour se « faciliter le travail », ne me semble pas très joli. La notion de « pourrir mon travail » n’a pas non plus beaucoup de sens : une mauvaise reproduction faite avec des descendants d’une famille n’enlève rien au reste de ladite famille ! La crainte de répandre trop une famille, au point qu’on ne pourrait plus ensuite éviter la consanguinité, me semble moins valide aujourd’hui qu’aux débuts de la ratouphilie française où en effet, on tournait toujours un peu sur les mêmes, et on ne disposait pas du LORD pour tracer ces éventuelles consanguinités. Ça ne me semble plus être un enjeu aujourd’hui.

Les deux seules bonnes raisons que je vois encore, c’est :

  • la difficulté de mettre fin à une famille à problème, si elle s’est trop répandue le temps que ces problèmes apparaissent : plus y a de descendants, plus il sera difficile de joindre et convaincre tous les possesseurs des descendants qu’il faut en rester là ;
  • et tout simplement le fait que si nous voulons sélectionner, il faut bien ne pas reproduire tout le monde… sinon, il n’y a plus de sélection !

Cela justifie de ne pas reproduire une portée entière, chose qui arrive de toute manière très rarement, les adoptants n’étant pas forcément tous intéressés, et les projets n’aboutissant pas tous non plus. Je crois qu’il est temps de faire confiance à nos adoptants, de lutter contre nos petites tendances à vouloir contrôler et garder pour nous les fruits de notre travail. Si nous avons assez confiance en eux pour leur confier un raton, c’est que nous les pensons capables de ne pas faire n’importe quoi avec. Et si nous croyons suffisamment en ce que nous faisons, nous devrions penser que les voir prospérer hors de chez nous est une bonne chose pour l’espèce, non ?

Aussi, je pense qu’il n’y a pas forcément de nombre idéal de reproducteurs autorisés sur une portée. Tous comptes faits, il ne me semble pas absurde de faire reproduire par exemple au moins deux femelles (et pourquoi pas trois, ou plus), et facilement trois mâles, voire un peu plus suivant le nombre de sœurs reproduites. Ceci, bien sûr, si la famille est bonne et qu’on a des perspectives de sélection à moyen terme. En cas de portée plus risquée pour telle ou telle raison, ce nombre peut être abaissé bien sûr. Au moins deux ratons devraient être reproduits (sauf si on décide d’arrêter totalement la branche bien sûr) de manière à se ménager un filet de sécurité. Idéalement, les ratons reproductibles ne sont pas choisis d’emblée, mais déterminés seulement au moment de leur reproduction, de manière à profiter de l’information disponible, et agir dans une vraie logique de sélection. Tous les adoptants qui souhaitent faire reproduire leur raton sont bien reçus et épaulés, on discute ensemble de leur projet. Autrement dit, tous les ratons sont cédés avec une possibilité de reproduction, à valider plus tard. J’attends des adoptants qu’ils me consultent sur leur projet, et qu’ils respectent un avis négatif si j’en émets un (il sera toujours argumenté), mais je ne vois aucune raison de leur refuser « seulement » parce qu’il n’y avait que 4 droits de reproduction sur la portée et qu’ils arrivent en cinquième.

Ouf c’est fini !

Vous avez tout lu ? Bravo ! Vous avez encore envie d’adopter ou de faire des bébés avec un Vigie Pirate ? Cliquez sur l’enveloppe en bas de page et envoyez-moi un mail, ou retrouvez-moi sur SRFA !

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