Naufrages

Mes ratages, plus ou moins graves, listés ici par ordre chronologique.

Printemps 2008 – IAR Kubrick x IND Sarriette

Un tour de chauffe

Toute première tentative de reproduction ! Une femelle magnifique et de famille assez correcte, une humaine géniale, le soutien discret d’Ariane dans l’aventure, que du bon pour commencer. On pose les deux amoureux sur le canapé, une femelle manifestement en chaleurs, et… rien. Kubrick était un rat qui ne jurait que par moi, et là, clairement, il me regardait avec cet air interrogateur, du genre « qu’attends-tu de moi ? c’est qui cette chose ? au secours, que dois-je faire, aide-moiiiii ». On a essayé la lumière tamisée, le déménagement du couple dans une autre pièce que la pièce de sortie habituelle, les regarder, pas trop les regarder, on a même mis du Barry White.

Au deuxième cycle de chaleurs, et au bout de trois heures de « vas-y mon Kubrick vas-y », Kubrick s’est enfin décidé !

Trois semaines et 80 grammes de prise de poids plus tard… une magnifique grossesse graisseuse / nerveuse pour Sarriette. Et un abcès con de dessous le ventre pour Kubrick, d’ailleurs diagnostiqué par un véto un peu allumé comme « infection sexuellement transmissible des glandes de Cowper ».

L’essai suivant sera le bon, « ma » première portée, née le 4 août 2008.

Eté 2008 – IAR Kubrick x RMM Tiramisu

Femelle sanguinaire

La première portée de Kubrick avait été un beau succès, mais aucun mâle topaze ce qui m’avait un peu déçue (je voulais l’appeler Orange Mécanique). Ariane était tout-à-fait pour une deuxième portée, attendu que parmi ses frères et soeurs, une seule femelle avait reproduit. J’ai passé une annonce et trouvé la mignonne Tiramisu chez Manzelle Bidule. Tant la rate que l’humaine semblaient très bien sur le papier. Aucun problème avec l’humaine, malheureusement, la rate… a pété un plomb une fois chez moi. Elle s’attaquait violemment à moi, me soufflait et me crachait dessus avec les barreaux. Elle était dans un tel état de nerfs que quand Manzelle Bidule est venue la chercher, elle a dû la prendre avec une serviette éponge.

La saillie a évidemment été annulée. Tiramisu est redevenue un ange en rentrant chez elle. Aucune explication.

Automne 2008 – IAR Kubrick x RCM Melba

Bébés malformés

Après la déception de la (non-)rencontre entre Kubrick et Tiramisu, Manzelle Bidule et moi étions très déçue. Le courant était bien passé, notamment entre Manzelle et Kubrick ! Nous nous sommes orientées sur une autre femelle de Manzelle. Cette fois, saillie et gestation du premier coup ! Les bébés devaient naître le jour du deuxième anniversaire de leur papa.

Malheureusement, pendant la gestation, Kubrick a déclaré une tumeur de la glande de Zymbal, très invasive, qui était probablement déjà là silencieuse au moment de la saillie, et peut-être métastasée aux testicules. Le 1er novembre, un samedi dont je me souviendrai toujours, Manzelle a dû m’informer que Melba avait subi une césarienne suite à un dépassement du terme ; les bébés, peu nombreux, étaient très malformés. Quelques heures plus tard, Kubrick a été euthanasié, sa tumeur ayant atteint des centres nerveux. L’enfer.

Automne 2008 – IAR Karajan et IAR Kundera x PRJ Merline

Les deux font la paire

Après le désastre du 1er novembre, la question de la continuation de la famille de RED d’Ariane s’est reposée. Comme j’avais encore deux frères à la maison, il semblait naturel d’essayer de faire engendrer l’un des deux, très très en forme malgré leur âge déjà avancé. Je suis donc allée chercher la belle Merline à Evreux (avec un permis tout frais, premier long trajet seule au volant !). Parmi les deux frères j’avais choisi Karajan, plus grand et plus solide que Kundera, jamais malade, et RED homozygote.

Karajan n’ayant pas daigné ne serait-ce que renifler le popotin de la bouillante Merline en deux heures de temps, j’ai passé un coup de fil à Guigui sa propriétaire, pour savoir ce qu’elle pensait d’un switch fraternel. Kundera était un peu plus petit que son frère, et avait le mauvais goût d’être husky, mais il était tout-à-fait mignon, gentil et en bonne santé. Nous signons donc.

Kundera a trouvé, lui, le mode d’emploi en moins de 20 secondes ! Merline visiblement soulagée, est repartie chez elle quelques jours plus tard par le même Paris-Evreux-Paris qu’à l’aller. Avec, malheureusement, un ventre vide, rapidement attesté par le retour de ses chaleurs. Un moindre mal, mais une déception quand même.

Hiver 2008-2009 – VGP Pousse-Café x IND Super-Véto

Le mauvais cheval

Le mâle que j’ai gardé de la portée Kubrick x Sarriette fait une vilaine crise d’ado. Vilaine vilaine. Genre ultra-territorial, pas de bagarres ni de blessures mais il terrorise les autres mâles au point qu’ils ne vivent plus qu’au dernier étage, entre le hamac et la gamelle, personne n’ose bouger un doigt de pied. L’isolement résout le problème du groupe, mais pas celui de Pousse-Café qui déprime à 200 sous de l’heure dans sa petite cage tout seul. Il ne supporte pas les autres mais il a besoin d’eux, ce con ! Couic, dénoyauté. Kubrick n’aura pas de petit-fils VGP.

Eté 2010 – SAS Mr. Pickwick x SAS Les molaires de Mr. Pickwick

Parti avant d’avoir aimé

Cela fait une semaine, peut-être deux que j’ai posté l’annonce repro pour Pickwick, un magnifique géant orange dont la famille n’a pas encore révélé son côté sombre et qui semble un excellent candidat à repro à ce moment-là. Cela va faire deux ans depuis ma première saillie, il y a eu un long creux générationnel, j’ai beaucoup appris entre temps, et bien envie de m’y remettre. Pickwick me semble parfait pour ça.

Je le retrouve un vendredi soir la bouche pleine de pus. Week-end annulé et Super-Véto d’urgence samedi matin. Une malocclusion d’une paire de molaires a lésé la langue par frottements répétés, causant une vilaine plaie. Malgré l’opération, le contrôle de l’infection par les antibios et la lime des dents, la langue n’a pas pu cicatriser assez vite, ce qui a conduit en quelques jours à une anorexie totale et nous a fait prendre la décision de le faire euthanasier pour ne pas le regarder mourir de faim. C’est aussi à ce moment que je me suis dit : heureusement que je ne l’ai pas fait reproduire plus tôt – une malocclusion des molaires c’est probablement un truc un peu héréditaire… Une déception, mais peut-être une catastrophe évitée aussi.

Eté 2010 – RTF Nikopol x RVR Elizabeth

Trop belle pour toi

Immi, la naisseuse de Nikopol, ne prévoit pas de continuer sa branche, étant passablement occupée à de la reproduction humaine. Elle m’incite chaudement à le reproduire : sa famille paternelle est solide et bien connue, et Nikopol est un rat beau, gentil et en excellente santé. Je tombe en amour d’une rate suisse pour laquelle une annonce a été postée sur SRFA. Un marquage sublime, une généalogie impressionnante, une humaine (Vall79) absolument adorable, c’est le coup de foudre, je la veux. On monte un voyage machiavélique pour le voyage Fribourg-Rennes de la miss et de sa duègne. Une fois sur place, c’est encore plus l’amour.

Problème : Elizabeth n’a ses chaleurs que tous les 10 jours minimum, et Nikopol, s’il parvient à peu près à la monter, le fait sans enthousiasme. Il n’y aura jamais de bébés… Ce n’est que longtemps après (avec les échec de RVR Marcel x DTC Tutti Frutti chez Limë et DTC Super Timor x RVR Abby chez Nayan) que nous prendrons conscience des problèmes de fertilité et de mises-bas existants à différents niveaux de ces familles.

Automne 2010 – RTF Nikopol x RDH Ice Némésis

Un peu plus et il nous faisait une Edgar Faure

J’avais presque perdu espoir de trouver une autre femelle quand Asuuka me propose Ice Némésis, qui est bien mignonne. Je vais la chercher à Paris en train. Premier os à la maison : Némésis est vraiment petite. 220-230g en tirant dessus, pas maigre, bien proportionné, mais toute petite. Moi qui suis habituée à mes monstres, je ne me vois pas du tout la faire porter ! Je suspends la saillie. Quinze jours plus tard, elle semble avoir eu un petit pic de croissance tardif, et miracle, elle atteint un bon 260g – et surtout je trouve qu’elle s’est étoffée en peu en longueur et en carrure. On lance les hostilités.

Nikopol ne veut pas la monter ni la première fois, ni la deuxième. En fait, il ne semble même pas la remarquer, il ne renifle pas là où elle est passée ou dans sa direction… Le lendemain de la deuxième, il nous crache une belle cuiller à soupe de pus. Abcès dentaire. Super-Véto m’appellera pendant la chirurgie pour me proposer de ne pas le réveiller, tant sa mâchoire est un magma… je n’ai rien vu.

Némésis est encore à la maison. Super Timor vit accroché des quatre pattes aux barreaux dès qu’on la sort, mais il est beaucoup trop jeune et je n’ai pas d’autorisation de repro (et je n’envisage même pas de la demander). Je ramène la bichette à Paris. Elle fera des petits chez Asuuka avec DTC Stashon et m’offrira McCoy, une jolie consolation.

Hiver 2010-2011 – MAK Frère Tuck x LAB Gentamycine

Extinction du gène Kubrichou

Une fille de Kubrick et Sarriette, VGP Pumpkins, a reproduit chez Makkara et nous a donné – seulement ! – 3 petits surprises : une femelle, La Loose, restée chez Makkara ; un mâle, Jean, chez Kam., et Frère Tuck chez moi. Tous les trois mock mink, une dernière surprise de Kubrick qui n’avait que 2 chances sur 3 de le porter.

Les autres filles de Kubrick sont restées sans descendance, adoptants pas intéressés par la repro pour la plupart, et naisseuse partie en Corée du Sud en replaçant Sarriette et sa fille reproductible. Pousse-Café a été castré. Les résultats globaux de la portée sont mitigés, un peu en « tout ou rien » : la moitié a eu des problèmes parfois graves assez vite, l’autre va comme un charme, je ne sais pas trop quoi faire sur cette génération. On s’est donné le temps de réfléchir. Makkara n’a pas fait reproduire La Loose qui de toute façon a eu un AVC. J’hésite pour Frère Tuck. Il est vraiment gentil, beau bien qu’un peu gras, mais c’est surtout la santé de sa famille qui me fait douter.

J’hésite tellement qu’à 21 mois, il attrape une pneumonie dont il va décéder très vite, malgré tous les soins, aérosols, bouillies… Jean ne sera pas reproduit chez Kam., il n’a rien d’exceptionnel en termes de relation rat-humain et en plus, il a un problème de polypes vésicaux. La descendance de Kubrick est officiellement coupée, et mon coeur brisé.

Printemps 2011 – DTC Super Timor x RVR Abby

Tragédie franco-helvète

C’est moi qui suis allée chercher Abby et Nayan, et convaincre la seconde que la première était LA fiancée qu’il fallait à Super Timor. J’avais fait des heures de recherche pour lui trouver la fille idéale, à mon Super, mon parfait, une rate à sa hauteur et j’étais persuadée de l’avoir trouvée. Nayan, elle, avait pensé à me proposer Abby mais avait hésité, n’avait pas osé. Malgré l’éloignement, nous sommes vite tombées d’accord. Nous étions enthousiastes, impatientes de voir les merveilleux bébés qu’ils allaient nous faire. Abby était sublime, descendante d’une soeur des trois K, ses gènes se recoupaient formidablement avec ceux de Timor. C’était également la nièce d’RVR Lizzy pour laquelle j’étais restée sur une déception, et la belle rencontre avec Val et Raquel. Tout semblait parfait.

Nous montons un plan totalement échevelé pour faire parvenir Super Timor jusqu’à Lausanne : c’est un de mes collègues de travail, Prasad, qui a gentiment accepté de le descendre, à l’occasion d’un voyage professionnel à l’EPFL qui tombait bigrement bien. Je me souviens du cocasse de la situation quand en pleine réunion, j’ai sauté de ma chaise en apprenant son voyage prévu : aaaah, Prasad, dis, tu m’emmènerais un rat avec toi ?

Le coup de foudre est immédiat entre Super Timor et Nayan : moins de 24 heures après son épique arrivée, et dès la première présentation, les saillies sont torrides. Et les chaleurs trop spontanées pour être honnêtes ! Elles reviennent rapidement, régulièrement. Ah ça, ils se plaisent, s’accouplant n’importe où dans la cage, limite debout contre les barreaux… mais ça ne semble pas prendre. La quatrième saillie a eu lieu il y a 4 jours, Super Timor est en Suisse depuis près d’un mois. Il doit prendre la route du retour le vendredi après-midi, mais les chaleurs doivent revenir le vendredi soir si jamais… on se dit que pour quelques heures, c’est bête de ne pas s’offrir une dernière tentative. On décale, et bingo, une dernière saillie d’adieux entre les tourtereaux, la cinquième…

Cinq saillies dont 4 infructueuses, on n’y croit pas trop. Et pourtant. La cinquième a bel et bien pris ! Les chaleurs ne reviennent pas, Abby prend du poids, tout semble se mettre en place. Nayan et moi attendons fébrilement et joyeusement. Puis de plus en plus fébrilement. Le 23 jour arrive à sa fin. Une toute petite goutte de sang, puis rien. C’est dimanche soir. J’essaie de rassurer Nayan sur MSN mais je n’en mène pas large. Que faire. Nous sommes inquiètes. A minuit, nous convenons d’aller dormir en espérant que la douce Abby attend d’être au noir et que les humains dorment pour délivrer ses cadeaux.

Un peu avant 7 heures du matin, Nayan m’appelle : toujours rien. Nous faisons un rapide bilan : il faut foncer. La voilà partie en voiture à la clinique. Matinée d’angoisse, j’attends ses nouvelles, quart d’heure par quart d’heure elle me tient au courant : bébés vivants mais pas de contractions, une première injection d’ocyto, une deuxième, rien, la puce par en chirurgie…

Sept bébés, parfaitement viables et bien formés. Trois ont respiré brièvement avant de rejoindre leurs quatre frères déjà envolés. La tentative de réanimation restera sans effet. La vétérinaire dira à Nayan qu’ils étaient beaux…

Printemps Eté 2012 – LAB Ebula Crypt, MMT Princesse Lavandine, RDH McCoy, BGS Wikileaks, TWR Jolicloud, ETR Daphné

L’échangisme ratesque ne paie pas

Nous avons d’abord voulu marier Lavandine, fille de son père, avec Ebula dit « Bubulle », mâle de souche labo très prometteur sur le plan santé, et en excellente forme pou son âge avancé (plus de 2 ans et demi) grâce aux gènes de sa souche. Lavandine est donc venue en train d’Aix jusqu’à Paris pour passer quelques jours au love hotel citronnesque. Pas de chaleurs, pas de chaleurs, pas de chaleurs… chaleurs ! saillies, un peu laborieuses car Bubulle a tout de même son âge. Pour éviter de trop le fatiguer, ils ne sont restés ensemble qu’une heure, sur le principe « ça passe ou ça casse ». Ca n’est pas passé, et malgré une prise de poids, retour des chaleurs à J10 une fois déjà rentrée chez elle. Next.

Devant la difficulté de trouver un bon mâle extérieur, Sabine et moi avons marié McCoy avec Lavandine. Ce croisement consanguin avait pour but de renforcer la meilleure part DTC des généalogies de l’un et de l’autre, tout en « testant » les marquages faciaux de Lavandine. Voilà donc McCoy parti en covoiturage pour aller de Rennes à Avignon en train, puis d’Avignon à Aix en voiture. Première découverte : Lavandine a bien des chaleurs très régulières… à 2 heures du matin. Pratique ! Au moins, ça expliquait que Limë n’avait pas pu observer de cycle net à Paris. Commence le cycle infernal chaleurs – saillie – espoir – attente – rechaleurs – resaillie… McCoy passera un mois à Aix, sans succès. Ce n’était peut-être pas de la faute de Bubulle, finalement… c’est vrai qu’il y avait ces problèmes de qualité maternelle dans la famille de Super Timor. ne énorme déception pour Sabine et moi, tant Lavandine est le portrait craché de son papa, en physique et en caractère, l’idée qu’elle n’ait pas de petits est déchirante…

Pendant ce temps, je cherche une fiancée à Wikileaks, qui est largement en âge, candidat parfait à la reproduction, et un des piliers de mon projet pour avoir des porteurs RED non DTC. Cocow, qui m’avait déjà proposé Jolicloud pour McCoy (mais j’avais préféré garder McCoy pour Lavandine…), me la propose à nouveau pour Wikileaks, ça semble être un projet viable, nous concluons rapidement l’affaire (la miss a déjà presque 9 mois) et voilà Jolicloud et sa chaperonne Tagada covoiturées de Bordeaux à Rennes via Rochefort.

Après une semaine de présentations infructueuses (mademoiselle n’est pas en chaleurs), Wikileaks décède brutalement, sans signe avant-coureur. Choc.

Me voilà avec une veuve, Jolicloud, et un célibataire, McCoy, dont la fiancée Lavandine vient de se révéler définitivement non gestante. McCoy était le premier choix de Cocow pour Jolicloud, et je n’avais pas de meilleure option. Allez, zou, c’était pas prévu, mais allons-y.

Les chaleurs arrivent deux jours après la décision de les marier, les saillies sont torrides et sans interruption. Jolicloud prend très rapidement du poids, et 10 jours après nous convenons d’un voyage retour avec Tours comme point de rencontre. Cocow remarque immédiatement son petit bidon rebondi, miss pince les doigts quand on la touche. Cette fois, ça semble vraiment dans la boîte. On a besoin de se réjouir à plusieurs, on publie les annonces, note les pré-réservations, attend fébrilement d’enfin pouvoir baver sur des photos mignonnes de ratons mignons. La courbe de poids s’est amortie depuis le retour à Bordeaux, mais ça n’entame pas notre optimisme, tous les autres signes sont là, cela fait bientôt 18, 19, 20 jours sans chaleurs.

J20. Chaleurs. Vérification chez le vétérinaire : pas de bébés.

Nous sommes infiniment déçues, à nouveau tristes pour des « adoptants » fidèles qui n’ont toujours pas de ratons, découragées devant un projet qui a pris l’eau de toutes parts. Quelle année faste pour les Vigies Pirates ! 5 rats, 9 humains, 4400 kilomètres, sans doute pas loin d’un millier d’euros en billets de train, essence, péage et véto, et pas un seul raton. Highscore !

Déçue, mais pas encore découragée, je prends le parti de mettre les échecs de McCoy sur le dos des filles (Lavandine et les soucis de fertilité de sa famille, Jolicloud et ses chaleurs très espacées) et saisit au bond la proposition de Deboa, qui souhaite faire une deuxième portée à sa très prometteuse Daphné. Daphné a déjà eu des petits, voilà la fertilité certaine qu’il nous faut ! Et de faire partir McCoy pour un nouveau périple, vers Lille cette fois. Daphné est en chaleurs le soir de son arrivée, mais Deboa choisit de ne pas les présenter car elle souhaite, par précaution, synchroniser une autre portée en cas de pépin. Le problème ? ses chaleurs ne reviendront jamais. Malgré de vagues impressions de peut-être saillie, il ne se passera rien. Daphné était-elle trop âgée ? McCoy est-il irrécupérablement stérile ? Nous ne le saurons pas mais cette fois, notre enthousiasme est douché pour de bon. On rajoute un millier de kilomètres et une petite centaine d’euros à notre record, mais surtout, un réel découragement cette fois. Faut-il vraiment s’acharner à vouloir une reproduction qui apparemment ne veut pas de nous ?

Printemps 2013 – RDH McCoy, MMT Canard, MMT Ni Clou Ni Vis x DTC Alak’Okan

Quand la portée de la dernière chance se transforme en goutte d’eau qui fait déborder le vase

Cette fois, tout est parfait sur le papier. J’aurais bien reproduit Canard plus tôt mais la petite perfection qu’Ancalimë m’offre sur un plateau mérite d’attendre. Canard doit donc rencontrer DTC Plug-In, petite puce bleu russe vivant chez Jerry et issu du projet principal de sélection de la Tarte au Citron, avec toutes les qualités que je recherche pour compenser les faiblesses de mon petit bout de famille issu de Super Timor.
Quelques mois avant, Jerry fait marche arrière : pas le temps de gérer une portée. On cogite rapidement et on trouve le plan de secours parfait, une soeur de Plug-In, la jolie DTC Alak’Okan chez Luxury. Elle présente les mêmes qualités, avec le petit plus d’être encore plus près de la maison. On signe. Cette fois, sur le papier, tout est parfait : femelle issue d’une famille sans problèmes de fertilité depuis plusieurs générations, mâle encore relativement jeune et parfaitement en forme, gentil mais pas trop mou non plus. J’y crois, j’y crois vraiment. Cette fois c’est sûr, les affaires reprennent !

Alak arrive à la maison. Les chaleurs arrivent le jour prévu. Canard ne s’y intéresse pas.

Ou plutôt, si, il s’y intéresse : il la renifle, la course… mais ne la monte pas. Au moment où il la rattrape et où elle se cambre, il se laisse couler à son côté pour lui pouiller amoureusement la colonne vertébrale… Nous les mettons en cage pour la nuit en espérant un miracle qui n’aura pas lieu. Pourtant, six jours plus tard, les chaleurs attendues ne reviennent pas, on se prend à espérer la saillie à la Batman, façon Gilbert et Vixen. Pas de chaleurs, mais pas de prise de poids. Les jours se suivent et se ressemblent : rien. On parle de solutions alternatives. Les chaleurs reviennent enfin, à J12, vendredi soir 23h30, alors que Luxury doit revenir chercher sa puce le lendemain matin…

Nuit apocalyptique : on remet Canard. Puis Ni Clou : rien non plus, pas de surprise, lui est au moins aussi gentil que son frère, mais plus mou et en surpoids. Monsieur s’endort sur le champ. On ajoute McCoy : lui, il est supposé stérile, mais on sait qu’il a au moins le mode d’emploi. Il av peut-être montrer l’exemple. Ah ça, lui, il a envie et il essaie : mais à 27 mois, les gestes sont patauds… il tire à 5 centimètres du popotin de la malheureuse qui n’en peut plus d’être entourée d’un trio de branques. Hagards, on finit par remettre Alak et Canard ensemble en cage, à 4 heures du matin, sans beaucoup d’espoirs.

Le samedi midi a des airs de fin du monde. Je fais brûler le déjeuner, le coeur n’y est pas.

Mais on ne veut pas avoir de regrets. Les amis nous encouragent. Des saillies qui ont lieu la troisième fois, y en a plein, il paraît. Il faut stimuler le mâle. Il faut le stresser un peu, il faut changer de méthode. OK. J’amènerai Canard chez Luxury dans 6 jours, on verra bien si ça change quelque chose.

Le jeudi arrive. Je n’aime pas le jeudi pour les saillies, mais on n’est plus à ça près, hein ! Je m’échappe du boulot, prend le Canard sous le bras direction Dinan. C’est pas qu’on y croit vraiment, c’est qu’on ne veut rien regretter. Au moins, on aura essayé jusqu’au bout.

Alak n’aura pas de chaleurs ce soir-là. Probablement le même bug que la première fois, chaleurs sautées car mise en contact avec des mâles au cycle précédent. Il ne se passera rien, rien de rien. Les deux « amoureux » se taperont même une sieste intergalactique sur mes nibards, sous l’oeil ébahi et le rire jaune de Luxury, tout aussi désespérée que moi, elle qui n’a rien demandé, que je suis allée chercher pour cette repro alors qu’elle n’y aurait même pas pensé seule. Je rentre piteuse le vendredi matin, tôt, dans le froid.

Cinq ans, cinq ans de ma vie à rêver de bébés rats, de projet, à lire des centaines de pages sur la génétique, la sélection, la consanguinité, à gribouiller des pages de schémas et tableau, à compiler des données généalogiques, à chercher des femelles, à faire des projets, à sélectionner des adoptants, à m’impliquer dans des projets collectifs, à me prendre des claques à cause de mes convictions. Cinq ans sur lesquels il est temps de faire une croix pour de bon.

Et mon Super Timor, qui, comme Kubrick avant lui, ne sera pas le début d’une longue dynastie comme j’en avais rêvé. Il n’y aura pas de petits enfants de Super Timor. Il n’y aura plus de bébés pirates.

C’est triste, mais c’est la conclusion logique d’une telle série d’échecs : il faut tourner la page.

Hiver 2013 – TPX Woodewood Chuckchuck x IND Shaïna

Le nouveau départ était un énième ratage

Incorrigible ? J’ai eu envie d’y retourner. Woodewood Chuckchuck m’a donné cette envie, et la très jolie Shaïna dont l’annonce de recherche de fiancé a éveillé cette petite voix diabolique en moi : et pourquoi pas ? La suite de l’histoire, on la connaît désormais par coeur : une prise de poids, des chaleurs qui ne viennent pas, et puis le poids qui fait le yoyo, l’espoir du « ça va sûrement repartir à la hausse demain », « c’est peut-être une petite portée », et puis se rendre à l’évidence, « l’essentiel c’est qu’ils aillent bien ! ». La suite de la suite de l’histoire, un peu moins prévisible, c’est que Woodewood nous quittera brutalement un mois plus tard, emporté en quelques jours par une tumeur au cerveau fulgurante, à seulement 18 mois… ce qui enlève la tentation d’essayer une deuxième fois, et fait dire « il ne valait peut-être mieux pas que ça fonctionne, finalement ». Been there, done that…

Été-Automne 2015 – ETR Citizen Kane x IND Dido, IRD Sapeur Camember x DOU Clématis, DTC Maître Kobayashi x DTC-VGP Sukuru Mizugi, DTC Maître Kobayashi x DTC Knockin’ on Heaven’s door

L’été des ratons, l’automne des ratés

Forts de la réussite de la première portée de Citizen Kane avec Phantom Space Ramen en décembre 2014, le cœur vaillant et avec un plan de reproduction tout neuf et enthousiasmant, l’été 2015 démarrait en trombe avec des projets de portée en pagaille.

On a commencé avec le second round pour Citizen Kane. Deux pseudogestations et le décès de Citizen pour couronner la tentative.

On a continué avec Sapeur Camember. Deux nouvelles pseudogestations, et un diagnostic de tumeur viscérale pour Sapeur. La poisse poursuivra même la pauvre Clematis puisque son fiancé de remplacement décèdera d’une crise cardiaque en plein acte.

Entre temps, une parenthèse enchantée, Maître Kobayashi et Dido nous ont offert 9 petits miracles – l’été n’a pas été complètement perdu. Voilà qui remonte le moral pour repartir de plus belle !

Tout semblait bien démarrer pour la seconde saillie de Kobayashi, avec une confirmation de portée du premier coup pour Sukuru. Malheureusement, des bébés trop gros, certains malformés, les autres n’ayant pas trouvé la sortie tous seuls, pour se terminer par une ovario-hystérectomie, et le décès du dernier petit guerrier survivant trois jours plus tard malgré un début d’allaitement… Pour couronner le tout sa sœur Kawaii Seifuku (mise en saillie à la tarte au citron en même temps) a eu un problème similaire : un seul gros petit, mort-né à J24. Citizen Kane n’aura pas d’autres petits-enfants cette saison, les espoirs de conserver sa descendance reposent désormais entièrement sur la portée de sa fille Lhotse, et sur son fiston notre Marquis di Gorgonzola. Mais le tribut payé à l’automne n’a pas suffi pour l’hiver… Dans une tentative un peu désespérée de sauver un projet dans lequel j’ai beaucoup investi dans le passé, nous avons essayé une dernière fois de faire saillir Maître Kobayashi, avec la douce Heaven chez Chayam, une demi-soeur de Sukuru. Nouveau fiasco avec une césarienne, un seule petit miraculé, et surtout le pire du pire, une première dans les sommets de la déconfiture chez nous : le décès d’Heaven, une semaine plus tard, laissant sa maman éplorée et les pirates au fond du trou de la culpabilité.

Hiver 2015-2016 – DTC-VGP Marquis di Gorgonzola x RPV Nagala

Le plan était trop parfait

Nouvelle année, régénération à coups de truffes au chocolat, gonflée à bloc pour cette deuxième portée-clef du projet et confiante en diable. Avec un papa jeune, une maman qui avait déjà eu une portée comme une fleur, pas de consanguinité, nous voilà partis la fleur au fusil pour la rencontre de la belle rouquine Nagala et du Marquis de mon cœur. Un an après la genèse d’ébauche de projet, 6 mois après la première portée à la hauteur des espoirs, ce deuxième tour était crucial et aurait vraiment installé le projet dans une phase où tout devenait possible.

Chaleurs dès le lendemain de l’arrivée de Nagala, saillie immédiate, courbe de poids parfaite, on n’attendait plus que la bonne nouvelle et le nombre des ratons. Quel orgueil…

Après un début de travail en milieu de J23, Nagala ne semblait pas décidée à sortir ses petits. Le vétérinaire consulté le soir même n’a pas voulu lui injecter d’ocytocine, étant dans l’impossibilité de la garder sous surveillance ensuite (ce en quoi il a eu raison… sauf s’il avait été prêt à faire une heure sup’ pour quelques vies, bien sûr…). Le lendemain toujours rien et césarienne programmée. Et soudain l’espace d’un instant, un espoir : des petits qui naissent enfin, juste avant l’heure prévue du passage sur le billard, et une petite vie encore là.

Petite vie qui s’est envolée peu après, tout peu après la mort de Maître Kobayashi à quelques centaines de kilomètres de là. L’ascenseur émotionnel ratounesque dans toute sa splendeur, les conclusions tragiques encore une fois, encore et toujours…

Automne 2016 – IDC-VGP Père Castor x KRL China Girl

Un train peut en cacher un autre

A ma gauche, la portée d’Hellébore et Victor Tropetit, source de tous les débats et inquiétudes, portée « risquée », que beaucoup n’auraient pas fait, les tripes du Capitaine sur la table et 3 semaines d’ongles rongés avec la peur que ça se passe mal.

A ma droite, Père Castor et China Girl, couple idéal, portée rêvée, sans aucune raison de s’inquiéter outre mesure de complications.

Que pensez-vous qu’il s’est passé ? Bien sûr, Hellébore a fait 17 petits en pleine forme comme une fleur, et China Girl, cumulant les soucis en cours de gestation (vaginite la première semaine, plaie hémorragique dans le dos la troisième) a atterri à J23 sur le billard avec 3 bébés morts-nés. Le légendaire humour du dieu des rats…

Alors dans le malheur, China Girl se porte très bien — après avoir connu le pire, c’est une authentique raison de se réjouir –, on a les 17 bébés d’Hellébore à papouiller, et les projets de repro, ma foi, ça s’adapte. Il faut croire que le temps et les échecs rendent philosophes.

Printemps 2017 – NUA Grexit x R2G Syriza

La cuvée exceptionnelle était bouchonnée

Ça devait être le cadeau de mon jubilé ratouphile, l’apogée de 10 ans de rêves et d’investissement personnel : une portée à la maison, entièrement, du début à la fin. C’était prévu depuis longtemps. Depuis tellement longtemps que Syriza avait été baptisée en clin d’œil au nom de son fiancé déjà désigné. Grexit et Syriza, faits l’un pour l’autre !

Pendant un mois j’ai tout préparé, checklist en main, cage de maternité, accessoires pour les photos, jeux pour les ratons, vitamines pour maman, vétérinaire briefé… parée pour tenir un siège. Tout se présentait parfaitement bien, papa jeune et en forme, lignées sans problèmes de fertilité.

Puis, une courbe de poids qui stagne, des chaleurs qui tardent à revenir et mettent fin au suspense le 22ème jour alors que le rendez-vous était déjà pris pour l’échographie.

Puis une deuxième tentative et rebelote, au 21ème jour cette fois. Les filles sont là depuis presque 2 mois. Je fais opérer la chaperonne d’une petite tumeur mammaire, le tourisme sexuel s’est transformé en tourisme médical…

Résolues malgré tout à faire un dernier essai (avec un autre mâle) mais après avoir laissé cette fois un cycle de repos à Syriza, c’était sans compter la petite poulette joueuse qui décidément ne voulait pas de bébés : la voilà de nouveau sans chaleurs pendant des jours, des jours, des jours… jusqu’au jour de son voyage retour, elle n’en a plus eues. Une occasion unique qui se transforme encore en grosse déception…

Moralité : ne baptisez jamais une rate en référence au nom de son fiancé, parce que si vous changez de couple ensuite, vous aurez l’air couillon !

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