Carte au trésor

« Le but prioritaire de ma raterie faire naître des ratons en bonne santé et de bon caractère, et d’améliorer la santé et la longévité du rat domestique français ». Oh… wait!

Soyons un peu sérieux. En tant que propriétaire d’un petit nombre de rats tous mâles, je doute un peu de pouvoir réellement améliorer la santé du rat domestique français. D’abord, je suis nécessairement assujettie à l’offre de femelles, et au bon vouloir de mes partenaires (rateries et adoptants). Ensuite, la plupart des méthodes rapides et efficaces pour atteindre cet objectif ambitieux peuvent être considérées comme éthiquement discutables. Enfin, ne soyons pas hypocrites, une proportion énorme de portées sont faites entre autres dans un objectif « de phénotype » (voir ici ce que je pense de cette expression), quelles que soient les déclarations d’intention de la raterie où elles sont menées, et cet objectif n’est pas souvent secondaire. Ça n’a rien de honteux, d’ailleurs.

L’objectif des Vigies Pirates est de contribuer à faire naître des rats de bonne santé et de bon caractère, de couleurs qui me plaisent, qui vivent au moins aussi longtemps, et au moins en aussi bonne santé que leurs ancêtres. Partant, un objectif connexe est de ne pas dégrader la situation du rat domestique français en faisant des portées de qualité médiocre. L’amélioration, nécessairement marginale, de l’espérance de vie du rat domestique français (pas très brillante actuellement) serait une heureuse conséquence secondaire. Par ricochet, en augmentant la moyenne, et en évitant de proposer et propager de mauvais génomes.

Ceci évidemment étant vu du pur point de vue individuel. Si nous sommes nombreux à adopter la même démarche, alors oui, on a des chances d’améliorer les statistiques globales. C’est précisément pourquoi je m’implique dans la communauté et ses débats et cherche à stimuler, encourager voire participer à des projets de reproduction collaboratifs. C’est également la raison pour laquelle j’ai adhéré pendant 4 ans à la charte des ratouphiles associés (dont je cautionne toujours l’action et les valeurs, bien qu’ayant choisi de me mettre en retrait pour des raisons de priorités personnelles).

Au fil du temps et des ratages, les projets évoluent en permanence. Les archives des projets passés sont consultables sur la page des fausses pistes. A l’heure actuelle et après avoir tenté différentes choses avec différents degrés d’implication, j’ai tendance à penser qu’il est un peu vain de prétendre avoir un projet personnel de raterie quand on ne possède que des mâles, a fortiori un petit nombre. En revanche, une fine équipe de garde-côtes a su me montrer que l’union faisait la force et que j’avais encore une place à prendre dans des projets, et nous sommes désormais avec les Nua’Rats et les Ops Rats un petit « consortium » travaillant ensemble dans un but commun. Je suis également susceptible de participer avec plus ou moins d’implication dans d’autres collaborations, en apportant mon grain de sel dans la conception des projets, et mes mâles quand ils peuvent s’y insérer.

Projet principal 2016-2018

Mise à jour le 13 mars 2018.

À partir de 2016, j’ai concentré mes efforts à développer la famille issue du couple Maître Kobayashi et Dido dans un projet qui s’envole désormais assez bien après avoir pris doucement ses marques, grâce aux nombreuses mains tendues après l’échec de mon projet précédent. Le projet est développé en partenariat étroit avec Les Nua’Rats et les Ops Rats, et reçoit le concours ponctuel d’autres partenaires, j’en profite pour remercier tout ce petit monde (seul, on va vite ;  ensemble, on va loin !)

La logique de travail est de coller au plus près d’un plan de type cyclique, à partir de sources génétiques « de départ » que l’on peut répartir en différents groupes :

  • Groupe DTC+ : familles françaises travaillées en outcross par Ancalimë (familles Tata Yoyo et Bigorneau, apports terrarios via Diana et BSoD) et d’autres personnes sur des branches plus ou moins liées (notamment RMM-ZOM) ;
  • Groupe LAB : rats de souche Wistar Hannover (Juste) ;
  • Groupe CAMA : rats américains, en distinguant le premier import (Antares) et le deuxième import (Hotel Moscow, Gingerbread, Citizen Kane).

Un travail intensif a été mené ces dernières années dans plusieurs rateries, mélangeant deux ou trois des sources dans différentes configurations et à différents dosages. Ce travail représente une somme précieuse d’informations sur « qu’est-ce qui se passe quand on mélange le groupe x avec le groupe y », que je décortique minutieusement pour mettre au point la suite du projet au mieux possible – typiquement en préservant le plus possible de branches « ne contenant pas le groupe x » pour ne se fermer aucune porte. Des entrées externes ont été réalisées en 2017 en particulier pour donner un petit appel d’air frais avant que toutes les branches se retrouvent à contenir des ancêtres de tous les groupes.

L’objectif du projet est « simplement » d’engranger du recul sur tout ce petit monde (surtout en aval des entrées récentes) en essayant de trier le bon du moins bon, le tout à pool génétique fermé ou quasi fermé pour ne pas faire entrer trop de nouvelles inconnues. Les statistiques de longévité sont au-dessus de la moyenne, l’incidence de tumeurs est globalement au-dessous de la moyenne (avec cependant certains cas de formes rares de cancer / tumeurs, sous surveillance), il y a globalement un excellent caractère (en dehors de quelques cas épars de coupe-noisettes), et les soucis de reproduction et soucis respiratoires sur une partie du début de la lignée se sont bien améliorés : zéro portée/mise-bas ratée sur toutes les descendantes directes de Dido, ça se fête ! En 2017 cependant on est un peu sortis de la « lune de miel » (forcément quand on démarre un projet, au début les rats sont jeunes donc tout va plutôt bien, et la consanguinité n’a pas encore révélé les soucis…), différents soucis sont apparus ici ou là (une crise d’épilepsie ici, des retards de croissance là…), donc il reste du pain sur la planche. En fait, c’est vraiment maintenant que le boulot commence !

Un document d’analyse de pedigree et de suivi sera mis à disposition « prochainement » (c’est-à-dire quand j’aurai trouvé une manière synthétique, lisible et intelligente de présenter cette grosse masse d’information ; j’ai bien avancé, notamment grâce au nouveau code couleur, et j’ai bon espoir de le sortir au printemps 2018).

En attendant qu’il soit prêt, voici un synoptique de la lignée avec un code couleur reprenant les origines génétiques des groupes de fondation. Au-dessus de la ligne pourpre, c’est surtout le boulot d’autres personnes, les fondations sur lequelles nous nous sommes appuyées plutôt que de réinventer la poudre (capitaliser sur ceux qui nous ont précédé c’est quand même tellement plus cool !). En-dessous, c’est la mise en place de la lignée plus proprement dite, avec une participation plus active / motrice de notre part. Bien sûr ces limites sont toujours un peu floues (j’ai participé à certaines des portées de fondations, des branches intégrées à la lignée ont fait des détours entre les mains d’autres personnes sur d’autres projets…) mais au final je trouve que ça permet de s’y retrouver. Sur ce plan sont uniquement représentés les rats déjà nés, rien de prospectif. Il n’y a pas tout non plus, mais c’était déjà assez chargé comme ça ! (Vous pouvez cliquer sur l’image pour une version agrandie « poster » en format paysage.)« Logique cyclique » ne signifie pas forcément de suivre un plan à la lettre : parce que tout ne se passe pas toujours comme prévu, des ajustements et retrempes ont été nécessaires. En particulier, aucun fils de Dido et Kobayashi n’a pu avoir une descendance intégrable dans le projet (échec de deux essais avec Père Castor ; repro annulée des fils issus de la portée de Colonel Moutarde avec KRL Hiroshima Mon Amour chez Tani – raterie d’Ombre et de Lumière) ce qui nous a amenés à « utiliser » trois enfants de Chïsana Kiseki au lieu de seulement 2, à transformer la branche « à l’essai » de Tropetit et Hellébore en branche « pleine et entière », et à aller repiquer ailleurs dans la lignée un rat apparenté (Gengis) pour remplacer un reproducteur manquant.

Ces changements ayant concentré le pool génétique encore davantage que prévu, deux entrées externes, RPV Raven (femelle « FB3 ») et MEL Calcifer (mâle « MB2 »), non apparentés au reste de la famille, ont été réalisées pour le diversifier un peu avant de pouvoir le fermer, et le travailler ensuite sur plusieurs générations de circuit vraiment fermé. Au final suite à un souci avec Raven (décédée d’une tumeur osseuse précoce) nous avons choisi de décaler encore d’une génération l’entrée dans un schéma cyclique strict tel que prédit, de manière à ne pas faire de consanguinité directe sur Raven. Seule sa fille Vicomtesse aura reproduit pour notre plan, et un mâle (MB4) en remplacement de son fils reste à trouver.Le travail est donc effectué en consanguinité moyenne, qui par construction augmente au fil des générations sauf en cas de retrempe. Pour mieux visualiser la logique cyclique et les taux de consanguinité, j’ai extrait de l’arbre précédent une visualisation plus proche du cyclique de base, et plus concentrée. C’est une lecture parmi d’autres possibles, car ça dépend un peu par quel bout on le prend, et ce qu’on choisit de représenter ou pas (par exemple ici les liens de famille de Dark One avec les générations précédentes n’est pas dessiné.) J’y ai adjoint les étapes prévues pour la suite du projet (à nouveau sous la ligne pourpre en pointillés.) Bien sûr, tout ce qui est sous cette ligne est prévisionnel et susceptible d’être modifié. Les taux de consanguinité sont arrondis à l’entier le plus proche (les taux exacts et la liste des ancêtres communs par portée seront dispo dans le document de suivi, et sont disponibles au coup par coup dans les fiches de portées.) Ne connaissant pas encore l’identité du futur MB4, la consanguinité de ses descendants est estimée en le supposant non apparenté aux autres ; la consanguinité finale dans ce cas sera supérieure ou égale à la valeur indiquée.Physiquement parlant, l’objectif est en premier lieu de pérenniser le RED homozygote, si possible d’aller vers des marquages les plus petits possibles, renforcer le cama rex (et le « trier » du rex français, avec lequel il se retrouve mélangé) toujours avec précautions sur la consanguinité, retrouver le dumbo. Pour le RED, il n’est désormais plus en danger et nous en avons de manière consistante sur toutes les portées, de même que des grands marquages (on a régulièrement des unis, et des vrais british irish comme dans les livres !). Cependant, on s’est retrouvées avec le bleu russe qui nous colle aux basques et on va maintenant devoir veiller à ne pas le fixer complètement. J’aimerais aussi ne pas perdre la base noire mais là, je crois qu’il faudra avoir un peu de chance car ça commence à être tendu ! Le dumbo nous résiste un peu, il sort, mais pas dans les proportions espérées (les 25% qui se transforment en « un seul raton »…), et la forme des oreilles reste à améliorer à mon goût. Quant au cama rex… plus on avance et moins on est sûres de comment il marche : allèle codominant du rex, modifieur épistatique ? élucider son fonctionnement génétique est donc un but parallèle !

Soutien à d’autres projets

Il n’y a pas actuellement de saillie de mes propres rats prévue en soutien à des projets d’autres rateries. Si l’un de mes rats vous intéresse pour une saillie, dans le cadre d’un projet de sélection construit, il est toujours possible de me contacter (Magret pourrait être dispo dans les prochains mois, ainsi que Le Ventru et Le Mou en fin d’année – même si j’avoue avoir besoin d’un bon break après une année 2017 sur les chapeaux de roue).

Parallèlement, les conditions de réussite de la portée de Veuve Clicquot ayant été remplies, d’autres branches « bonus » orientées dilutions destinées à vivre leur propre vie en dehors du projet principal ont été démarrées via OPS-VGP Mobydick (en mai 2017 avec ETR Peppermint Mocha à La Tarte au Citron), et OPS-VGP Bouboule (en novembre 2017 avec DEL Asphodèle à l’Opérat des Pensées, en remplacement de son frère Hercule Poivrot que j’ai retiré de la repro et qui d’ailleurs est décédé depuis). NUA Frisk a également fait une portée dans le cadre des projets de Tani et ses partenaires. IND-VGP Lulu Berlue est entrée de son côté dans le projet RED du Trouwarat et du Domaine des Arkenstones. VGP-OPS Harley Quinn (portée de Vicomtesse et Baron) a rejoint la raterie Little Pink Sweets pour l’aider à démarrer son premier projet personnel dans les prochains mois.

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