Fausses pistes

La quête d’un trésor n’est jamais rectiligne ! En souvenir des explorations qui n’ont pas abouti sur la carte au trésor, un petit aperçu des projets passés.

Premiers pas

Dès mes débuts en reproduction, mon objectif était clair : le gène RED. Les rats topazes sont mes coups de cœur et mon rêve de toujours, et je ne m’en suis jamais cachée. Il ne s’agit pas d’un effet de mode dû à sa rareté grandissante, mais un coup de foudre datant de 2006 ! J’ai pour autant toujours refusé de m’asseoir sur l’éthique pour y parvenir. Après plusieurs tentatives plus ou moins couronnées de succès, mes deux premières familles (portées de Sarriette et Kubrick d’une part, de Fae et Super Timor d’autre part) sont aujourd’hui éteintes en ligne directe. Il faut dire que j’ai cumulé la poisse, et parfois fait de mauvais choix (l’envie de reproduire Canard et Ni Clou Ni Vis n’était vraiment pas brillante, il faut l’avouer, et je me félicite tous les jours que le destin ne m’ait pas laissée faire cette bêtise). Mon rêve de topaze semblait de plus en plus lointain et j’y avais pour ainsi dire renoncé.

Explorations en bonne compagnie

J’ai repris doucement le chemin de la reproduction par le biais de collaboration au sein de projets menés par d’autres rateries, et à qui je prête main forte tout en les laissant pilotes de leurs projets. Il s’est essentiellement agi  du projet cyclique mené par Ancalimë et Lorien, actuellement repris par Tani. Ce projet « produit » essentiellement des rats « dilués » (locus c : albinos, himalayens, siamois, burmese et variantes).

Mon implication dans ce projet a d’abord été intellectuelle, depuis la participation à l’étude de souche pour le choix et l’adoption de la portée Wistar Hannover de Fifty Shades of White, jusqu’à la participation à la mise-au-point du plan cyclique, sur la base de mes travaux théoriques à ce sujet. Elle s’est ensuite naturellement traduite par des adoptions : l’accueil de Citizen Kane lors du deuxième import américain d’Ancalimë chez Camarattery, puis de Maître Kobayashi. Mon implication a pris un tournant plus concret en décembre 2014 avec la naissance de la portée de Phantom Space Ramen et Citizen Kane (ma première portée réussie depuis 2011 !) et l’adoption de Marquis di Gorgonzola. Les reproductions de Kobayashi et Gorgonzola étaient prévues dans la suite du plan, mais celles de Kobayashi se sont soldées par des échecs et celle de Gorgonzola a été annulée, suite aux problèmes respiratoires récurrents dans la branche de Ramen. Je ne suis actuellement plus impliquée dans ce projet.

Après avoir tenté de contribuer au projet de Mayella (CuCu’Rat’Praline) et de ses partenaires, qui tourne autour des gènes PED et dilutions, je suis actuellement en retrait, la saillie de Clematis et Sapeur Camember n’ayant pas fonctionné. J’aurais été contente de pouvoir donner le premier coup de pouce pour qu’il puisse se lancer, mais dans tous les cas je ne désespère pas de pouvoir y participer un peu plus tard, via l’adoption de CLW-ALC Brexit.

Les illusions pirates

J’ai été contente d’aider (ou d’essayer d’aider) ces deux projets en collaboration, en lesquels je crois. Par contre, ça n’était pas vraiment « le mien », et toujours pas de RED concrètement à l’horizon. Du coup, j’ai aussi eu envie de penser à quelque chose de plus personnel et visant plus directement mes buts !

Le projet a démarré avec la portée de Dido et Maître Kobayashi. Dido devait initialement rencontrer Citizen Kane, mais deux saillies ayant échoué j’ai dû reconfigurer un peu les choses, et je ne suis pas mécontente de la deuxième mouture. La prochaine portée devait être celle de Gorgonzola avec RPV Nagala chez Lilisky (raterie des petits voleurs), qui s’est malheureusement soldée par une mise-bas difficile et le décès de tous les petits.

Pourtant, j’y ai vraiment cru très fort, à ce projet.

Le principe était relativement simple : utiliser la base solide que forment mes rats « dilués » issus du projet de Limë et Lorien ci-dessus (un travail sérieux avec un suivi riche et complet), pour y « noyer » le patrimoine d’un apport RED initial, tout en traçant le gène grâce au « coup du crossing-over ». Le fait de faire appel à plusieurs rats apparentés et à la consanguinité, mais pas de portée père x fille directe, en fait une forme de « backcrossing soft », qui n’est pas à consanguinité minimale, mais moins brutal qu’un vrai backcrossing. Le but était donc de suivre à la trace, et faire ressortir le gène RED, tout en gardant le maximum de gènes amenés par mes mâles au niveau santé, caractère, suivi. Avec du cama rex en bonus.

Le « coup du crossing-over » repose sur une subtilité de génétique. Dans une paire de chromosomes 1, s’il y a l’allèle muté r et un allèle muté du c (albinos c ou siamois ch), ils ne sont pas sur le même chromosome de la paire. Du coup, en croisant un porteur c et r avec un homozygote c, les petits qui ne sont pas dilués sont forcément porteurs RED. Cela permet de « garder trace » du gène RED avec certitude, et non à « une chance sur 2 », « une chance sur 4 » comme sur une couleur classique. Ainsi, on peut faire « entrer » beaucoup de gènes issus de familles « à dilution », sans perdre le RED, et le faire ressortir quand c’est le bon moment (par rapport au recul / suivi santé, et quand la part génétique des « meilleurs » rats a pris la plus grande place). Même s’il existe des portées un peu surprenantes ayant mis à mal cette théorie, il existe également de nombreux exemples où elle a fonctionné, et une abondante littérature scientifique confirmant la proximité des locus c et r sur le chromosome 1.

Les sources génétiques principales des quatre mâles à partir desquels je voulais travailler (Maître Kobayashi, Marquis di Gorgonzola, Père Castor et Victor Tropetit) sont américaine (via la raterie Camarattery), de labo (souche Wistar Hannover), et française amateur via la famille outcrossée par Limë depuis Tata Yoyo x Bigorneau jusqu’à Death the Kid. Ils forment un petit pool génétique assez stable et homogène, avec des éléments de diversité. Pour repérer leur parenté, je les ai placés sur une même généalogie (simplifiée, je n’y ai pas mis tout ce qu’on sait de leur pedigree) :

vgp2016

L’attachement que j’ai pour eux va encore au-delà, puisqu’ils sont également liés à beaucoup d’autres de mes rats passés, si on élargit encore cette généalogie (ce n’est pas moins de 13 rats, sur les 28 qui ont ou vont prochainement partager ma vie, que je peux placer sur une même généalogie de ce type : cliquer ici pour la totale !). C’est une des motivations importantes de mon projet : atteindre mon rêve de topaze avec beaucoup, beaucoup de petits morceaux de tous ces rats que j’ai tant aimés.

Comme visible ci-dessus, Gorgonzola et Victor Tropetit sont très consanguins (environ 35% chacun), des taux atteints progressivement par un travail en lignée de longue haleine, donc ces taux ne posent pas de problème et rendent au contraire très informatifs les retours de suivis. On peut dans leur cas parler de lignée stable, pour l’essentiel. Kobayashi n’est pas consanguin, et sa moitié de sang de labo mérite encore d’être scrutée dans les suites pour en jauger les bénéfices. Père Castor ne l’est pas non plus et sa maman n’ayant pas de suivi familial seul le temps nous en dira un peu plus sur le pari que j’ai fait avec cette portée. Tous ces rats sont également liés, via leurs collatéraux, à plusieurs plans en consanguinité minimale (chez Limë et Lorien pour le plan principal dont ils sont issus, chez Barney également) et à au moins une portée prévue reliée aux mêmes consanguinités (PRH Grimalkin x IDC-VGP Chïsana Kiseki, la sœur de Père Castor, chez Nualan) qui apporteront d’autant plus de retours santé à leur sujet. Cela me semble une base solide pour démarrer.

Le plan de travail était le suivant. Mes mâles reproducteurs (à ce moment là) sont représentés en bleu. Les femelles trouvées pour démarrer sont en rose, elles sont toutes les deux topazes, donc homozygotes pour l’allèle RED. En vert, un mâle à trouver (peut-être un fils de Grimalkin et Kiseki si les retours de suivis sont très bons entre temps), en jaune des portées à naître contenant des porteurs RED sûrs mais pas d’homozygotes, et en orange, les portées à naître qui devraient contenir des homozygotes (25% au niveau C0, 50 voire 100% au niveau C1). Les prévisions de génotype sont indiquées sous chaque individu : d’abord le génotype du locus color (C pour l’allèle non muté, c pour l’albinos, ch pour l’allèle du siamois – qui s’appelle en fait, l’allèle himalayen ! – et c* pour soit c, soit ch, mais pas C) ; puis le génotype pour le locus ruby-eyed dilute (R pour l’allèle non muté, r pour l’allèle muté) ; enfin, le locus rex, étant entendu que l’allèle dominant Re est ici l’allèle « camarattery » donnant ce poil rex si particulier à cette lignée. Le tiret -, comme habituellement, désigne un allèle quelconque du locus (on ne sait pas, ou peu importe).

kwisatzhaderach2016

Il était donc possible d’espérer des petits cama rex beiges et topazes en « seulement » trois générations, pourvus d’une solide généalogie et dont le patrimoine génétique proviendrait de la lignée initiale pour une bonne partie, ce qui ne serait pas possible sans utiliser l’astuce du crossing-over, le tout en ne faisant aucune consanguinité sur les « apporteurs » de l’allèle RED mais seulement sur la « base génétique » diluée.

Niveau consanguinité, on était quasiment sur un croisement avec Gorgonzola et Nagala (moins de 0,1% de consanguinité), puis cela montait un peu avec 12,4% chez les enfants de Victor Tropetit (dont 8,4% sur le couple Citizen x Ramen, 3,1% sur les gènes Cama communs à Citizen et Gingerbread, et un pouillième sur HTT et Juste Leblanc), et on redescendait un peu (10,4%) pour la portée de Père Castor avec un bon équilibre entre une consanguinité sur HTT et Juste (3,7%) et les gènes Cama (6,7% partagés entre Citizen Kane, Gingerbread, Hotel Moscow et Antares One). On était donc typiquement dans un élevage en lignée.

Enfin, et c’était bien là l’ambition réelle du projet, j’ai indiqué en pointillé ce qui forme un triplet « oncle-neveu-nièce » qui aurait pu devenir l’un des points de départ d’un projet cyclique, avec d’autres partenaires qui se seraient fait connaître entre temps.

J’étais vraiment fière de ce projet et son échec a été une terrible déception.

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